
Société
La ville de Kinshasa est confrontée au problème de pollution sonore depuis des années. A la base, les débits de boissons et les églises de réveil. Les débits de boissons voient le jour, pour la plupart, à la suite de la situation socioéconomique difficile que traverse le pays depuis environ deux décennies. Pour tenter de survivre, chaque citoyen croit qu'un débit de boissons peut sauver la situation.
Au moins sur dix parcelles qui se suivent, on trouve un débit de boissons avec plusieurs dénominations telles que « Nganda », « Bistrots », « Kuzu », « Terrasse » etc. Dans sa chanson « Zando ya ba nani ? (à qui le marché ?)», un célèbre artiste musicien congolais s'est posé la question de savoir, qui va acheter chez qui dans ce cas.
Attirer la clientèle

Même sans client, le propriétaire du débit de boissons distille une musique à vous casser les tympans
Pour attirer la clientèle, le propriétaire du débit de boissons distille une musique à vous casser les tympans, parfois sans aucun client à l'intérieur. A l'inverse, il est difficile à deux personnes attablées de se parler sans crier. C'est ainsi que l'on voit des gens se parler très fort pour se faire entendre, alors qu'ils sont assis l'un à côté de l'autre.
Le phénomène de multiplicité de débits de boissons s'intensifie généralement à l'approche des festivités de fin d'années. Les habitants de Kinshasa se livrent notamment à la création de débits de boissons pour ceux vivant le long des artères principales.
Une étude menée en 2015, avait montré que sur l'avenue Kasa-Vubu, dans la commune de Bandalungwa, cinquante parcelles sur les quatre-vingt-cinq que comptent le tronçon compris entre les avenues Bakayau et Kisangani sont transformées en terrasse. Pour la plupart de tenanciers de ces bars, la multiplication des maux serait à la base de la prolifération des débits de boissons dans la capitale congolaise.
Concurrence sonore

En l’absence des salles insonorisées, la musique et la prédication ainsi diffusées à très forts décibels constitue une vraie pollution sonore.
Les églises dites de réveil sont nées, quant à elles et pour la plupart, dans les années 80, sous le régime du maréchal Mobutu. Les initiateurs de ces églises, qui s'autoproclament pasteurs, prophètes, bishops, évangélistes... ont toujours dit avoir reçu une vision divine pour créer ces « boutiques spirituelles ». Cela, dans le but de « paître des brebis et de gagner les âmes, davantage d'âmes dans la perspective de la fin du monde qui, selon eux, est pour bientôt ». Vrai ou faux ? On ne le sait pas. Mais, ce que l'on sait c'est que le nombre de pasteurs est en perpétuelle augmentation dans la ville.
Comme les débits de boissons, les églises de réveil sont presque sur toutes les rues et avenues de la capitale. Leur nombre accroît aussi sans cesse. Les unes, majoritaires, fonctionnent sous des hangars ou hameaux tandis que d'autres, minoritaires, sont construites en matériaux durables.
Pour attirer des fidèles, les pasteurs se font une rude concurrence sonore. C'est ainsi que se multiplient les veillées nocturnes et les prêches avec la sonorisation la plus performante, accompagnés d'une musique diffusée par des haut-parleurs dont certains sont orientés vers l'extérieur de l'église. C'est une musique tonitruante que celles-ci offrent aux voisins et qui perturbe, la nuit venue, le sommeil. Les élèves et étudiants ne sont pas épargnés par cette musique qui empêche d'étudier et de travailler à domicile. Tout comme les malades qui sont internés dans les centres de santé basés dans les parages immédiats des églises de réveil.
Bureau politique

Mais cela ne devrait pas être le cas si l'Hôtel de ville de Kinshasa décide de remettre de l'ordre dans les deux secteurs, pense un octogénaire. Qui rappelle qu'à l'époque du Mouvement populaire de la révolution (MPR)/Parti Etat, les débits de boissons débutaient leurs activités l'après-midi, sur décision du bureau politique du parti. Tout le monde s'y était conformé pour ne pas subir la rigueur de la loi.
Comment expliquer qu'aujourd'hui on ne soit pas en mesure de remettre de l'ordre dans ce secteur, s'interroge une mère de famille qui a du mal à supporter la musique à crever les tympans du débit de boissons contigu à sa parcelle.
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