
Société
En RDC, le flou règne toujours autour de la fuite des prisonniers de la prison centrale de Kinshasa. Cette évasion spectaculaire relance le débat sur les conditions de détention et de sécurité dans les prisons.
Des hommes armés ont attaqué tôt mercredi matin la prison de Makala, entrainant l’évasion d’au moins 4.000 détenus. Parmi eux, le député Ne Muanda Nsemi, chef du mouvement politico-spirituel Bundu Dia Mayala.
Plusieurs analystes congolais attribuent cette évasion au manque d’organisation au sein de cette prison de Makala.
Ces derniers précisent même que la sécurité de cette structure pénitentière était depuis longtemps assurée par les prisonniers eux mêmes. Les forces de l’ordre, détachées à cette fin, ont fini par jeter l'éponge, démotivées par leur faible salaire. Néanmoins, certains détenus, qui ont choisi de ne pas fuir, sont soulagés :
" Ça fait un mois que j’alerte les autorités sur les conditions désastreuses de détention dans cette prison. Chaque jour, nous avons deux à trois morts. Les gens ne mangent pas. Il n’y a pas de soins de santé et ainsi de suite. Je suis vraiment content que tout ce monde soit parti. Sur les 150 ou 160 adeptes, tous sont partis. Les malades, il y en avait à peu près 1000 ou 1500. Ils sont tous partis. Donc là, la prison s’est désengorgée"
Le ministre de la justice, Alexis Thambwe Mwambe affirme que les évadés seront retrouvés, car leurs dossiers sont toujours aux mains de l'administration.
Une diversion du pouvoir selon l'opposition
Le ministre de la justice, Alexis Thambwe Mwamba, s'est rendu jeudi à la prison centrale de Makala, 24 heures après l'évasion. Il a affirmé que les évadés seront retrouvés, puisque leurs dossiers sont toujours aux mains de l'administration. Mais l’opposition croit savoir qu’il s’agit une nouvelle fois d’une manœuvre dilatoire du pouvoir de Kinshasa. C'est notamment l'avis du gouverneur du Katanga, l’opposant Moïse Katumbi Chapwe:
"Cela montre encore une fois l’amateurisme du gouvernement congolais. Parce que si l'on ne peut même pas gérer nos prisons, on ne pourra pas non plus gérer 80 millions de personnes. On voit réellement qu’il n’y a pas d'État au Congo. Pour moi, c’est une histoire montée de toutes pièces pour endormir la population congolaise, pour ne pas aller aux élections et pour ne pas respecter l’accord de la Saint-Sylvestre."
Pour sa part, Emmanuel Adu Cole, le directeur de la Fondation Bill Clinton pour la paix, estime que si la justice de la RDC était équitable, les détenus attendraient d'être jugés plutôt que de s'évader.
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