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RDC : l’élection présidentielle, loin à l’horizon

RDC : l’élection présidentielle, loin à l’horizon 2017-08-03
http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2017-actu/06-juin/05-11/kabila_vote_17_003.jpg Kinshasa-

Depuis décembre 2016, l’exécutif congolais est conduit par Joseph Kabila et un Premier ministre issu de l’opposition. Cette cohabitation peut-elle tenir jusqu’à la présidentielle ?

C’est devenu un rituel. Chaque matin, avant d’étaler quelques liasses de billets de banque sur sa table, Pitshou passe un coup de fil à l’un de ses contacts de la Banque centrale du Congo. En une minute chrono, il s’enquiert du « taux du jour ». La conversation entre ce cambiste de 43 ans, installé près de la place Victoire, à Kinshasa, et son interlocuteur tourne autour d’une seule question : « Comment le franc congolais se porte-t-il aujourd’hui ? » Et la réponse est souvent la même ces derniers mois : « Très mal. »

Après avoir raccroché, l’opérateur de change se rend dans sa petite agence, où il efface du tableau noir de la devanture le taux de change de la veille, déjà caduc… Chaque jour, la monnaie nationale perd de la valeur.

Révolues les années de stabilité de la décennie 2000 : l’heure de la dépréciation du franc congolais est de retour. Et cela se ressent cruellement dans le portefeuille des classes moyennes, en particulier chez les fonctionnaires.

« Il y a quelques mois, mon salaire mensuel de 920 000 francs congolais pouvait être converti en environ 1 000 dollars. Aujourd’hui il n’en vaut même plus 600 », confie un magistrat du parquet, désabusé. D’autant que, pour ne pas subir les fluctuations du franc congolais, les prix des loyers, du carburant comme des produits de première nécessité, mais aussi les frais de scolarité restent, eux, calqués sur la devise américaine.

Un plan et des efforts budgétaires

Le nouveau gouvernement se dit conscient de cette perte continue de pouvoir d’achat et des conséquences qui en découlent. Nommé le 7 avril par le chef de l’État, le Premier ministre, Bruno Tshibala, a annoncé un plan d’urgence de stabilisation et de relance de l’économie pour tenter de redresser la situation.

Un effort budgétaire a également été consenti afin d’ajuster la masse salariale des agents et des fonctionnaires de l’État. « Il ne faut surtout pas que cette dégradation de la vie perdure. Elle pourrait aggraver le climat déjà tendu, ajoutant à la crise politique en cours une crise sociale », prévient un député, membre de la commission chargée de l’économie et des finances à l’Assemblée nationale.

C’est d’ailleurs pour éviter le chaos que les évêques catholiques avaient accepté de troquer leur soutane contre le costume de médiateur de la dernière chance entre le camp du président, Joseph Kabila, et celui de l’opposant Étienne Tshisekedi, aujourd’hui décédé.

Dans le cadre de ces négociations parrainées par la Conférence épiscopale nationale congolaise (Cenco), un accord a été conclu in extremis le 31 décembre 2016. Ce compromis devait conduire à un partage de responsabilités pour une gestion consensuelle du pays jusqu’à l’élection du successeur de Joseph Kabila, dont le second mandat était arrivé à terme le 19 décembre sans que le scrutin ait pu être organisé. Selon les termes de l’accord, la tenue de cette élection, de même que celle des législatives et des provinciales, a été reportée à la fin de 2017.

Report annoncé pour après 2017


Mais, dès le 7 juillet, alors qu’il était en déplacement en Europe, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Corneille Nangaa, a annoncé, depuis Paris, « l’impossibilité d’organiser les scrutins dans les temps et, donc, leur probable report après 2017 ». Ce qui n’a pas manqué de provoquer un tollé au sein de l’opposition, de la société civile et de la communauté internationale.

Pourtant, malgré d’âpres tractations, seule une partie de l’opposition a signé, le 27 avril, l’« arrangement particulier » avec la Majorité présidentielle (MP) et ses alliés. Le Rassemblement, plateforme désormais dirigée par Félix Tshisekedi, fils du défunt opposant historique, et par Pierre Lumbi, un proche de Moïse Katumbi, s’est retiré des pourparlers, dénonçant une violation de l’esprit et de la lettre de l’accord de la Saint-Sylvestre.

Une position partagée par la Cenco, qui ne cesse d’appeler la majorité à appliquer « de bonne foi » le compromis politique trouvé en décembre. Pour l’instant, rien n’y fait. Sept mois après la fin de son deuxième quinquennat (et au bout de seize ans et demi à la tête du pays), Joseph Kabila, 46 ans, s’est au contraire replacé au cœur de l’échiquier politique.

Élargissant davantage, selon un astucieux dosage, sa famille politique en confiant des postes ministériels à quelques-uns de ses détracteurs d’hier. Résultat : le bras de fer avec le Rassemblement persiste. Et la période préélectorale, qui se voulait apaisée, se révèle in fine agitée, bien loin de la décrispation politique annoncée.

« Un mauvais départ », reconnaît Aubin Minaku. Pour le président de l’Assemblée nationale et secrétaire général de la MP, le « manque d’humilité » des protagonistes y est aussi pour beaucoup. « Le Rassemblement a une large part de responsabilité dans cette mise en œuvre progressive et laborieuse de l’accord du 31 décembre », estime-t-il. À l’en croire, « le président Kabila aurait nommé comme Premier ministre la personne souhaitée » par ledit groupement politique si celui-ci avait accepté de lui soumettre trois candidats à la fonction.

« C’est Kabila, le problème ! »

Du côté du Rassemblement, on a évidemment une tout autre lecture de la crise. « C’est Kabila, le problème ! » répète Martin Fayulu, l’un des cadres de la coalition.

Candidat déclaré à la présidentielle, le leader de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (Ecidé) soupçonne même le chef de l’État de vouloir « retarder indéfiniment l’organisation des élections en RD Congo et se maintenir ainsi au pouvoir ».

Depuis près d’un an, miliciens et forces gouvernementales s’affrontent dans les Kasaï, déversant sur les routes près de deux millions de déplacés internes et des centaines de milliers de réfugiés qui fuient les exactions.

La Ceni n’a d’ailleurs pas été en mesure, jusqu’à présent, de procéder à l’inscription des électeurs dans ce nouveau foyer de tensions. S’éloigne-t-on du même coup de la première possibilité d’alternance démocratique en RD Congo ? Il est trop tôt pour l’affirmer. « Les élections auront bel et bien lieu ! » assure Aubin Minaku. Certes, mais quand ?


Jeune Afrique
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11 commentaire(s)

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Zoe Kabila | NAMB738 - posté le 03.08.2017 à 16:40

Quelques soit la durée de la nuit, le soleil apparaitre. La nuit peut être longue, mais jamais deux nuits se succèdent. Donc, qlq soient les manœuvres de Hypolite Kanambe, il finira par laisser le Congo, le pays qui l'a fait ce qu'il est devenu aujourd'hui, ingrat qu'il est avec ses acholytes, Minaku, Kenge, RAMAZANI Chadari( le reste de sanctions des américains et européennes) l'attend.

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emmanuel | KO6YWWL - posté le 03.08.2017 à 16:00

Elles auront bel et bien lieu oui mais ce sera après le 31 decembre 2017. Et puis ce sera avec les élections locales, urbaines, municipales, provinciales legislatives nationales . Et le président sera élu au suffrage universel indirect et comme le mode du scrutin présidentiel aura changé ce sera une nouvelle mandature et Joseph Kabila sera aussi candidat et il passera. Il sera élu par les autres élus à la base. Rappelez vous la CENI avait dit 14 mois + 1 jour de fichier électoral Ou sommes nous!

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Pax dey | JBD9P62 - posté le 03.08.2017 à 14:22

Nous devons nous prendre en charge et bravé la peur, chassons les mauvais politiciens à tout prix en cette fin d'année 2017. Nous avons les dirigeants qui ne respectent pas la constitution, les accords ni son peuple qui les payent à la place c'est la mort l'insécurité la misère et le pillage de la nation. non trop c'est trop.

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Le Sage | 9W8Z33Y - posté le 03.08.2017 à 14:21

Soyons sérieux! Monsieur Kabila peut organiser les élections avec ses propres moyens de poche, il est richissime Président, le grand patron de l'afrique mais à cause de la mauvaise foi et de son mauvais entourage des ex rebelles comme Mende, Ntambwe Mwamba et compagnie... qui ont tués Mzée Kabila pour devenir des roitelets de la RDC... le temmps est mauvais alors prenez aussi le courage d'abandonner le pouvoir car le Peuple en a marre!!!!! Ce serait plus sage monsieurs les gouvernants!

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Pax dey | JBD9P62 - posté le 03.08.2017 à 14:16

Ces sont les Entreprises multinationales qui sont pour bcp au malheur qui frappe la RD Congo à cause de la richesse que regorge ce pays à la dimension d'un continent. Que le peuple Congolais le sache et lutte seul pour sa liberté peut être kabila n'y est pour rien c'est juste un trait d'union.

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THAMBWE MWAMBA | 6RVB8LB - posté le 03.08.2017 à 14:09

PAROLES DE LDK.LA GUERRE FINIRA LA OU ELLE A COMMENCE.NOUS CHASSERONT KANAMBE JUSQU'AU RWANDA ET NOUS BOMBARDERONT KIGALI ET KAGAME .JUST WAIT AND SEE.

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Anonyme | J4TI6QP - posté le 03.08.2017 à 13:48

KANAMBE veut les érections mais il retarde les élections en RDC le Peuple ne le laissera jamais continuer à fouler aux pieds notre constitution: NANGA/MP les élections avant fin 2017

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Anonyme | J4TI6QP - posté le 03.08.2017 à 13:41

Aujourd'hui débute les élections présidentielles RWANDAISES et 44mille électeurs Rwandais de la diaspora votent pour la plupart ils voteront KAGAME comme KANAMBE HYPOLITTE au pouvoir avec le PPRD= Petit à Petit le Rwanda Domine. KANAMBE figure sur la liste de la diaspora Rwandaise il a déjà accompli son vote via internet

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Anonyme | J4TI6QP - posté le 03.08.2017 à 13:31

Malgré tout KANAMBE vote déjà aujourd'hui en tant que RWANDAIS de la diaspora, et son chef KAGAME qui construit le RWANDA avec les richesses de la RDC ne soutiendra jamais alternance en RDC; vous voyez les mercenaires au KASAI pour retarder l'enrôlement; KANAMBE RWANDAIS de la diaspora

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Anonyme | J4TI6QP - posté le 03.08.2017 à 13:21

Le problème et le blocage au processus democratique c'est HYPOLITTE KANAMBE même les fonds que la CENI recherche sont disponibles mais il donne injonctions à NANGA de présenter toujours les difficultés. Ni OLENGA NKOY ni TSHIBALA arrivés au pouvoir pour les ventres n'y parviendront jamais à imposer les élections. Le Peuple doit se prendre en charge Article 64; les élections avant fin 2017.

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AZARIAS RUBERWA | DQK5DYT - posté le 03.08.2017 à 12:42

Il est claire que c'est Mr KABILA qui ne veut pas quitté le pouvoir,or s'il persiste, le peuple s'occupera de lui, car le peuple est plus fort que son armée, la solution la plus simple est de rendre le tablier, après la vie présidentielle, il ya aussi une autre vie plus meilleure comme l'avait dit l'ancien président Tanzanien, nous devons cultiver cette mentalité de l'alternance à notre descendance,cela fait déjà 16 ans qu'il est la, il n'a rien fait, mais que compte il faire de plus ????????????

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