
Politique
Depuis que le Raïs Kabila a confirmé dans son discours de clôture des concertations nationales samedi dernier au Palais du peuple la formation d’un gouvernement de large ouverture, les commentaires contrastés vont bon train.
Dans la classe politique, chacun affûte son arme. Ce n’est pas pour tirer sur l’adversaire politique. Mais pour se positionner par rapport à la nouvelle redistribution des cartes de l’ère post-concertations. Il y a aussi des tirs croisés sur cette ouverture aux forces politiques et sociales de la nation autres que l’actuelle majorité au pouvoir dans la gestion de la République. Ces tirs viennent tout aussi bien d’une certaine frange de l’Opposition tout comme, chose étonnante, de celle de la majorité kabiliste.
Ces groupes estiment que le gouvernement d’ouverture prêché par Joseph Kabila viole les principes démocratiques d’une majorité qui applique son programme pendant toute la législature et une opposition qui fait le contrepouvoir en attendant l’alternance. C’est vraisemblablement à eux que s’est adressé le président Kabila lorsqu’il leur demande de transcender l’orthodoxie démocratique. Que vaut la démocratie avec un pays, la RDC, menacé de balkanisation dans l’Est avec l’agression du Rwanda par le M23? Même pas une once.
C’est justement cette crise de l’Est qui a poussé le chef de l’Etat à convoquer les concertations nationales afin de créer la cohésion nationale, seule voie pour conjurer la balkanisation qui a déjà cours à Rutshuru-Bunangana. On ne voit pas comment Joseph Kabila aurait créé cette cohésion nationale tant recherchée avec sa seule majorité au pouvoir sans l’élargir aux forces qui comptent en vue d’un gouvernement de combat constitué de vertébrés.
Comme celui du mythique katangais Moïse Tshombe Kapend en 1964, ce gouvernement aura pour tâche principale la pacification du pays. Qu’en pensent les uns et les autres ? Philippe Bangakia, membre du Bureau politique de la majorité et vice-président de l’ADH pense lui qu’il faut un gouvernement des politiques, de grosses pointures pour s’attaquer à la crise de l’Est. Celle-ci dépasse les capacités d’« un gouvernement des surdoués. Ces derniers qui sont des génies doivent plutôt donner leur intelligence dans des agences gouvernementales où on a besoin de matières grises ou comme conseillers des politiques, mais pas comme membres du gouvernement comme actuellement ».
Côté PPRD, c’est le député Masala qui a donné de la voix en indiquant que le gouvernement d’ouverture annoncé par le chef de l’Etat conduira bel et bien à retrouver la cohésion nationale. Comme on le sait, c’est plus dans les rangs du parti présidentiel où il y a eu plus de notes dissonantes à l’idée même de la formation d’un gouvernement d’union nationale depuis que l’idée était lancée quelque temps avant l’ouverture des concertations nationales par le co-président du présidium Léon Kengo Wa Dondo.
Alignement total
Celui-ci était traité de tous les noms dans certains camps politiques même le sien, l’Opposition. Mais depuis le discours de Joseph Kabila, c’est l’alignement total sur avenue Batetela. Kengo Wa Dondo est désormais pris en respect. Lui avait su voir avant ce que d’aucuns n’ont cru qu’en l’entendant sortir de la bouche du chef de l’Etat lui-même le samedi. Pourtant, tout était prévisible.
Autre coup de gueule, c’est au RCD/N de Roger Lumbala où le secrétaire général Moïse Moni Dela est monté sur ses grands chevaux. Pour lui, ce gouvernement d’ouverture annoncé par Joseph Kabila n’est qu’un artifice pour lui permettre de modifier l’article 220 de la Constitution et se représenter à la présidentielle de 2016.
On ne sait pas si Moni Dela est sur la planète Mars, Vénus ou Jupiter. Ou s’il est réellement sur terre et à Kinshasa. Sinon, il aurait su que les concertations se sont opposées à une quelconque modification d’un certain article 220 verrouillé. Il n’est pas non plus question d’une nouvelle période de transition mais de l’ouverture dans la gestion de la République dans la mandature de Joseph Kabila jusqu’à son terme.
Mais Moni Dela se contredit en disant qu’il accepte le gouvernement d’ouverture dans la mesure où il vient mettre un terme à la crise de légitimité. Or la légitimité, c’est dans le cadre des institutions actuelles issues des élections contestées de 2011 qui ne sont pas mises entre parenthèses, mais qui sont seulement ouvertes aux autres forces politiques jusqu’à la fin de la législature.
Une question s’impose, en dehors de l’UDPS qui ne reconnait pas les institutions actuelles pour des raisons qui lui sont propres, l’absence de l’UNC de Vital Kamerhe et d’autres aux concertations nationales qu’ils ont qualifiées de congrès de la majorité kabiliste étonne. Un congrès des Kabilistes où l’Eglise catholique est représentée au plus haut niveau par le secrétaire général de la CENCO, le Professeur-Abbé Léonard Santedi. L’Eglise catholique dans la « kabilie » ? Laurent Monsengwo Pasinya, Kabiliste ? Il y a de quoi perdre son latin.
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