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Brexit: Theresa May a été "humiliée" à Salzbourg, selon la presse britannique

2018-09-21
21.09.2018 , Salzbourg, Autriche
2018-09-21
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La Première ministre britannique Theresa May, le 20 septembre 2018 à Salzbourg, en Autriche.

La Première ministre britannique Theresa May a été "humiliée" par les dirigeants européens qui l'ont appelée à revoir sa copie sur le Brexit, la laissant quelque peu démunie à quelques jours du congrès de son Parti conservateur, soulignaient vendredi les médias britanniques.

"Humiliation", titraient le Guardian et le journal gratuit City AM, le "désastre de Salzbourg", renchérissait le "i" tandis que le tabloïd Sun dépeignait le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le président français Emmanuel Macron, qui ont eu des mots durs pour le projet de Mme May, en malfrats prêts à lui "tendre une embuscade".

En se rendant à Salzbourg (Autriche) pour un sommet informel des dirigeants de l'UE, Mme May ne s'attendait certes pas à un accueil enthousiaste de son plan dit "de Chequers" -qui prône le maintien de liens étroits en matière de commerce de biens et produits agricoles. Mais leur réaction l'a cueillie à froid tant elle espérait un geste pour la conforter face à son parti ultra-divisé sur le Brexit.

Au contraire, Donald Tusk a prévenu que "le cadre des relations économiques tel qu'il est proposé ne fonctionnera pas", tandis que M. Macron a jugé que les propositions britanniques n'étaient "pas acceptables en l'état" car elles "ne sont pas respectueuses de l'intégrité du marché unique".

Pour Simon Usherwood, professeur de Sciences politiques à l'Université du Surrey, les Européens ont "conscience que les médias britanniques et le débat politique semblent penser que l'UE (...) est prête à faire des concessions, ce qui n'est pas du tout ce qu'ils disent". "Donc hier, il s'agissait d'une sorte de mise au point", a-t-il dit à l'AFP.

Une mise au point qui intervient à un moment très délicat pour Mme May, à quelques jours de devoir rendre des comptes devant son parti, qui se réunit en congrès à partir du 30 septembre à Birmingham (centre de l'Angleterre).

Situation impossible

Fragilisée depuis le résultat malheureux des élections législatives anticipées qu'elle avait convoquées en juin 2017, à la tête d'une très courte majorité au Parlement, elle sait qu'elle est attendue au tournant par les tenants d'une rupture nette avec Bruxelles qui voudraient la déboulonner.

"Elle s'est mise dans une situation impossible. Elle pensait que la réunion (de Salzbourg) allait l'aider lors du congrès (des Tories) mais il la handicape", a estimé Keir Starmer, le responsable Brexit du Parti travailliste, principal parti d'opposition du pays.

Pour le ministre britannique du Logement et soutien de Mme May, James Brokenshire, il n'y a toutefois pas à s'inquiéter outre mesure du raidissement de Bruxelles, naturel selon lui, "dans la phase finale des négociations". "Je pense que nous aurons un accord, je reste positif", a-t-il ajouté vendredi matin sur la BBC.

"Nous ne sommes pas en guerre avec le Royaume-Uni", mais "quand deux hérissons s'étreignent, ils doivent faire attention à ne pas s'égratigner", a réagi de son côté le chef de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, dans une interview au quotidien autrichien Die Presse vendredi.

Les positions des 27 et de Londres "se rapprochent" mais la question de la frontière irlandaise, l'un des derniers points d'achoppement des discussions, "est très difficile", a-t-il ajouté.

Les deux parties sont d'accord pour éviter le retour d'une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande. En revanche, Londres conteste le "filet de sécurité" ("backstop") demandé par l'UE, qui consiste à garantir un alignement réglementaire de l'Irlande du Nord sur l'UE faute d'autre solution.

Mme May a annoncé jeudi qu'elle allait présenter "sous peu" aux Européens une nouvelle proposition sur la frontière irlandaise mais le calendrier est serré.

Initialement, Londres et les 27 espéraient s'entendre lors du prochain sommet du 18 et 19 octobre à Bruxelles sur un accord scellant leur divorce, prévu fin mars 2019, ainsi que sur une déclaration fixant le cadre de leur future relation, en particulier au niveau économique. Mais il est désormais question d'un nouveau sommet autour de la mi-novembre.


La Libre Belgique / MCP, via mediacongo.net
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