
Société
C’est sous des vagues de mécontentement, au plan social, que le nouveau chef de l'Etat entame son mandat à la tête du pays. Juste au lendemain de sa prise effective de pouvoir, le président de la République a été obligé de tourner son attention vers l’Est du pays, précisément à Lubumbashi, où des étudiants en furie de l’Université de cette ville ont eu à en découdre avec des forces de sécurité.
A la base, des revendications pour l’amélioration de leurs conditions de vie sur le site universitaire et le réajustement des frais académiques. Quatre morts dont trois étudiants et un policier ont ponctué les scènes de violence ayant déferlé le dernier week-end à Lubumbashi, lesquelles ont amené la présidence de la République à prendre une série de mesures, notamment l’interpellation du ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire. Jusqu'au 29 janvier, les étudiants de l’Unversité de Lubumbashi (Unilu) ont continué à manifester pour exiger le rétablissement de l’électricité et de l’eau au campus.
Cette vague de manifestations estudiantines débutée à l’Unilu, par effet de contagion, a étendu ses tentacules dans d’autres établissements supérieurs et universitaires notamment à l'ISP/Bukavu où des étudiants sont également descendus dans la rue pour protester contre les frais de syllabus auxquels ils sont assujettis mais aussi contre les inégalités dans la répartition des tranches des frais académiques. Il en est de même de l’ISTA/Kinshasa où la communauté estudiantine a exprimé son ras-le bol face à la hausse des frais d’enrôlement qui sont passés de 9 200 FC l’année dernière à 16 050 cette année.
Si le secteur universitaire a donné le ton, d’autres se sont mis au pas. C’est notamment le cas de certaines entreprises publiques où les agents vivent en désharmonie avec leur comité de gestion. Profitant de l’alternance au sommet de l’Etat, ils ont exhumé des vieux contentieux liés à leur impaiement pour précipiter le départ de leurs responsables. C’est notamment le cas de la Société congolaise des poste et télécommunications où les agents réclament le paiement de quatre mois d'arriérés salariaux pour ceux de Kinshasa et quinze mois pour ceux d'autres provinces. Dans cette entreprise publique, la grève bat déjà son plein tout comme, d’ailleurs, chez Transco dont les agents accusent plus de six mois d’arriérés.
A la présidence de la République, on tente de calmer le jeu en émettant quelques signaux encourageants tels que la convocation des personnalités, notamment ministres et mandataires concernés par ce genre de situations. Entre-temps, au plan politique, ça va sans doute bouillonner le prochain week-end avec le meeting de la coalition Lamuka, à la place Sainte Thérèse de N’Djili, prévu le 2 février. Ce regroupement politique s’est mis, d’ores et déjà, dans la peau d’une nouvelle opposition. Il entend, à cette occasion, donner des directives à la population quant à la marche à suivre par rapport à la nouvelle gouvernance. Comme pour signifier que le pouvoir de Félix Tshisekedi, récemment acquis et fraîchement installé, est déjà face à de gros défis.
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