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Politique

Gouvernement : Devenir ministre pour quoi faire ?

2019-02-18
18.02.2019
2019-02-18
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Le Premier ministre, Bruno Tshibala, et des membres de son gouvernement au Parlement

Dans un entretien accordé à Congo Indépendant, fin janvier 2011, François-Joseph Nzanga Mobutu Ngbangawe, alors vice-Premier ministre chargé de l’Emploi et de la prévoyance sociale, confiait à notre journal sa « lassitude » à faire de la figuration en tant que ministre sans moyens nécessaires pour réformer le secteur dont il assumait la responsabilité.

Notre interlocuteur finit par déplorer l’absence de « concertation permanente » entre les membres du gouvernement. Une situation qui découlait, d’après lui, de l’irrégularité des réunions du conseil des ministres. Il cita, à titre d’exemple, la décision de « faire démissionner » Vital Kamerhe, alors président de l’Assemblée nationale, du perchoir. Il a eu de la peine à digérer qu’une mesure aussi grave soit prise par quelques « individus » tapis à la Présidence de la République.

Nzanga finira par mettre le doigt là où ça fait mal en relevant qu’au Congo-Kinshasa, les ministres n’ont ni pouvoir ni moyens pour opérer les transformations de la société. Les ministères ne disposent d’aucun budget d’investissement. Ils reçoivent, chaque mois, une « enveloppe » destinée à couvrir les frais de fonctionnement du cabinet. Rien de plus.

A quoi sert-il, dès lors, de devenir ministre si ce n’est que pour la frime et la figuration?

Un peu d’histoire. Sous la Deuxième République, un remaniement ou « réaménagement technique » du gouvernement intervenait quasiment tous les six mois. On pouvait difficilement demander à un membre du gouvernement de faire de miracles dans cette ambiance de « coup d’Etat permanent« .

Arrivé au pouvoir le 17 mai 1997 par la voie que l’on sait, le Mzee Laurent-Désiré Kabila a formé ses gouvernements en faisant cohabiter ses camarades de lutte, des « intellectuels » issus de la diaspora ainsi que quelques personnalités cooptées. Les équipes gouvernementales successives n’ont pas laissées de souvenirs impérissables. LD Kabila est mort 33 mois après son accession au pouvoir.

Le 26 janvier 2001, « Joseph Kabila« , est « investi » chef de l’Etat. L’homme n’a jamais été préparé à assumer une si haute charge. Il n’a jamais été PDG d’une entreprise. Il n’a jamais été non plus député ou ministre. L’homme n’avait aucun grand dessein pour le pays. D’aucuns ergoteront avec malice qu’un « grand dessein » ne faisait guère partie de la « mission » assignée au successeur de Mzee. Procès d’intention?

Durant ses dix-huit années passées à la tête de l’Etat congolais, le « raïs » a eu cinq Premiers ministres. Il a eu à former plusieurs gouvernements. Les membres de la « majorité présidentielle » et leurs alliés considéraient l’Exécutif national comme un vulgaire « gâteau » à partager. Le programme de gouvernement n’était qu’une litanie de bonnes intentions.

Depuis la proclamation de l’indépendance du Congo-Léopoldville un certain 30 juin 1960, le jeune Etat indépendant « n’est jamais parti« . Et ce, faute d’un véritable gouvernement doté de relais au niveau local.

MISSION, MOYENS, RESULTATS

L’heure est venue d’innover. Il s’agit de mettre fin à cette image du ministre congolais dont le département n’est même pas capable de financer le moindre projet d’intérêt général. Il s’agit de mettre fin à cette image du ministre qui n’excelle que dans la frime. Ce ministre qui parle beaucoup et n’agit pas.

Près de deux mois après les consultations électorales du 30 décembre 2018, la fumée blanche annonçant la formation du nouveau gouvernement national tarde à apparaître. On sent de l’impatience dans le camp du FCC (Front commun pour le Congo). Ici, on estime que la majorité des sièges est acquise à la représentation nationale. Il ne reste plus qu’au chef de l’Etat de nommer un formateur du gouvernement au sein de ladite « majorité« .

Dimanche 17 février, on apprenait que « Joseph Kabila » a été rendre visite à son successeur qui loge à la Cité de l’UA. Les deux hommes ont, sans doute, évoqué l’idée de nomination du nouveau Premier ministre. Ils n’ont pas non plus manqué de parler de la cérémonie d’échange de vœux entre le nouveau Président de la République et le corps diplomatique accrédité à Kinshasa. Samedi 16 février, les observateurs ont assisté à un premier « couac » entre « Felix » et ses « alliés » du FCC. Le nouveau chef de l’Etat a intelligemment escamoté le passage glissé subrepticement dans son texte – par le cabinet de Léonard She Okitundu – appelant l’Union européenne à lever les « mesures restrictives » prises à l’encontre de certains « durs » de l’ancien régime.

Revenons au gouvernement. La coalition à venir devrait innover en fonctionnant selon le triptyque: Mission, Moyens, Résultats. Par mission, il faut entendre l’identification des « actions prioritaires » à mener. Pour transformer la société congolaise, la rhétorique ne suffit pas. Il faut des moyens. Il faut donc un budget conséquent.

N’est-il pas anachronique, cinquante-neuf années après l’indépendance, de former un gouvernement d’ « union nationale » juste pour gratifier une « clientèle politique« ? L’heure n’est-elle pas venue de faire du pouvoir d’Etat une véritable force au service du progrès économique et social?

Un reproche revenait sans cesse à l’encontre de « Joseph Kabila » et de son système. Ce grief tenait en quatre mots: manque de volonté politique.

La volonté politique a fait défaut au « raïs » pour réformer non seulement l’appareil judiciaire mais aussi l’armée, la police et les services dits de sécurité. Dieu seul sait le nombre des cas de violation des droits et libertés imputés à ces grands corps de l’Etat qui se sont comportés jusqu’ici en « milices » de l’oligarchie au pouvoir.

La volonté politique a fait également défaut au « raïs » pour éradiquer les bandes armées tant nationales qu’étrangères qui sèment la terreur au Nord-Est du pays.

La volonté politique a, enfin, fait défaut au « raïs » pour promouvoir les services sociaux de base. A savoir: l’eau courante, l’électricité, la santé (hôpitaux, dispensaires), l’éducation (lutte contre l’analphabétisme), les infrastructures (routes, rails, ports, aéroports) etc.

Osons espérer que le prochain gouvernement sera doté d’une véritable « feuille de route » et surtout des moyens d’action conséquents afin que les ministres cessent d’être de simples figurants à une pièce de théâtre pour devenir des véritables bâtisseurs de la nouvelle société congolaise. Ce n’est que dans cette optique qu’un membre de l’exécutif sera tenu à une obligation de résultats!

Baudouin Amba Wetshi
Congo Indépendant / MCP, via mediacongo.net
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