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Sud-Kivu : colère et indignation d'Annie Malongo après l’agression de quelques femmes en mini-jupes et pantalons à Bukavu

Sud-Kivu : colère et indignation d'Annie Malongo après l’agression de quelques femmes en mini-jupes et pantalons à Bukavu 2019-03-06
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Le Centre d’études sur le leadership et la promotion des droits humains (CELPDH), une organisation féminine œuvrant pour la promotion des droits des femmes condamne avec la dernière énergie ce qu’il qualifie de « viol » public dont ont été victimes certaines femmes dans la ville de Bukavu en date du 05 mars 2019.

Sa directrice se dit choquée de constater que certaines personnes mal intentionnées ont établi une « loi populaire » interdisant le port des pantalons, des robes et jupes courtes par les femmes dans la ville de Bukavu, prétextant que c’est la première dame qui l’a dit.

Cette situation déshonore la ville de Bukavu aux yeux du monde entier et surtout que l’un des fils de cette ville vient d’obtenir un prix Nobel de la paix pour son travail de lutte contre le viol, rappelle-t-elle.

Pour Annie Malongo, la femme de Bukavu n’est pas « un sous-être humain » à qui n’importe qui peut faire ce qu’il veut au grand mépris de la loi et de nos coutumes.

En ce mois de la femme il y a lieu de se demander le sens de ce mois pour le commun de mortel à Bukavu… N’est-ce pas pour aggraver encore la vulnérabilité de la femme ? demande la directrice exécutive du CELPDH.

« Le respect des droits des femmes que le 8 mars prône n’est en aucun cas synonyme du port de pagne. Le 8 mars est une date qui rappelle à toute la communauté que les femmes ont des droits et que tout le monde est appelé à les respecter et à les promouvoir. Cette date ne veut nullement pas dire que la femme est un corps qu’il faut couvrir avec force et mépris… Cette situation est d’autant plus choquante car ce n’est pas la première fois qu’à Bukavu on déshonore la femme sur base de la mauvaise interprétation de la date du 08 mars ; chaque fois que la date approche, on constate avec désolation la recrudescence des propos rabaissant à l’égard des femmes. Le port de pagne et de longues robes ne promeut aucun droit des femmes, si les Bukaviens veulent voir la femme de Bukavu être épanouie qu’ils l’accompagnent dans sa lutte pour la reconnaissance de ses droits comme par exemple en militant pour sa participation dans la gestion de la province et non s’arrêter sur ce qu’elle porte qui est d’ailleurs, tant que cela ne nuit pas aux bonnes mœurs, un droit garanti car la RDC est un Etat laïc », dénonce Annie Malongo.

Sur ce, le CELPDH recommande: à la première dame, au nom de la quelle ces choses horribles ont été faites, elle demande de faire une déclaration publique pour se désolidariser de ces malfrats. A la police de faire correctement son travail qui consiste à protéger les citoyens et leurs biens et non harceler les femmes qui portent les pantalons comme on l’a constaté ce mardi dans la ville de Bukavu.

Elle demande par ailleurs à la population de Bukavu d’être plus solidaire avec les victimes de tels actes « car sur les photos qui circulent sur les réseaux sociaux on voit des liasses des gens: hommes et femmes qui contemplent le « viol » des victimes avec sourire et qui préfèrent prendre des photos que secourir les victimes ».

Aux femmes victimes, celle-ci demande de saisir la justice pour que de tels actes ne se répètent plus jamais.

La première dame n’a pas interdit aux femmes de porter des pantalons et des mini-jupes

Une rumeur court depuis quelques semaines dans la ville de Bukavu, faisant état de l’interdiction par la première dame de la RDC de porter des pantalons et/des mini-jupes.  Une nouvelle du reste fausse et non fondée. puisque Mme Denise Nakeru n’a rien dit.

Elle n’en a pas également ni la compétence ou la qualité. La seule institution habilitée à édictée les lois en RDC reste le parlement. Les décisions peuvent être prises par les autorités politiques. Or, ni une loi, moins encore un décret ou ordonnance n’a décidé que les mères, filles, femmes doivent subir pareille humiliation pour le choix de leur habillement.

Plusieurs femmes ont en déjà été victimes dans la ville de Bukavu. Certaines sont même déshabillées en public dans certains quartiers de la ville de Bukavu.  D’autres filles témoignent avoir été verbalement agressées.

Ce comportement n’est pas le premier en RDC et spécialement à l’Est de la RDC. Il y a quelques années, plusieurs filles avaient encore subi ces actes humiliant pour le même motif. A l’époque on disait que l’ancienne première dame et son mari ont formellement interdit l’habillement en mini-jupes et en pantalon pour les filles. Pourtant, rien de tel n’avait été décidé ni prononcé.

Jean-Luc M. (Correspondant au sud-Kivu)
MEDIA CONGO PRESS / Prunelle RDC
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Le livre ouvert | U7NPB7H - posté le 06.03.2019 à 16:00

Chère Madame la Directrice, il sied de ne pas confondre s'habiller de manière décente et de manière sexiste. Le corps de la femme est sacré et ne doit en aucun cas faire l'objet d'exposition. N'imiter pas tout de l'homme blanc. Imiter plutôt de lui, l'organisation dans la gestion de la vie commune.

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Salima | TTYVYQL - posté le 06.03.2019 à 15:25

Il y a un temps très ancien, même le muzungu aka mundele, parlait des africainset africaines comme étant des gens scandaleusement nu/es. Ainsi ces africain/es, ici autochtones congolais s'accommodaient agréablement de leur nudité. Jusqu'à ce qu'un certain commerçant, lui aussi muzyngu/mundele, à créé son marché d'habits: pagnes, pantalons, etc, jusqu'aux plus ridicules choses dites soutiens-gorge alors que ça ne soutient nullement de gorge... Le résultat de tout ce marketing, c'est un corps humain féminin et masculin que la culture africaine, jadis hautement spirituelle pour s'attarder sur la chair humaine, quil s'en gêne à présent.

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Jean Claude Rubwindi | GUYN2H5 - posté le 06.03.2019 à 14:35

Incroyable mais vrai. Comment cela peut il encore arriver dans un pays civilisé? Buchenzi quoi!!!!!!

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