
Politique
Le désastreux cycle électoral en RDC aura des conséquences incommensurables pour la population congolaise. Pour une bonne partie de celle-ci, l’avènement d’un membre del’opposition – en l’occurrence Felix Tshisekedi – à la magistrature suprême suscitait l’espoir d’un nouveau départ. Au lendemain des élections indirectes des sénateurs et gouverneurs de province, cet espoir s’envole et l’angoisse s’installe: le FCC (la plateformede Joseph Kabila) rafle tout le reste, s’assurant ainsi de pouvoir verrouiller l’appareil politique dans son entièreté. La désignation du prochain Premier Ministre sera-t-elle la cerise sur le gâteau pour le FCC ou la goutte d’eau de trop dans le vase pour le peuple Congolais ? Seul le proche avenir nous le dira.
Cela dit, en quoi ces élections sont-elles révélatrices ? Certes, elles nous permettent de comprendre l’état d’âme de l’homme politique congolais ainsi que le niveau decorruption qui gangrène le pays en général. La classe politique congolaise (majorité comme opposition) est tout simplement mercantile et sans idéal. Elle constitue un véritable blocage au développement socio-économique pour la population, permettant au système de prédation connu jadis comme le mobutisme, puis la kabilie – et peut-être aujourd’hui le fatshisme – de survivre. Nous assistons à la réorganisation d’un même système politique.
Le cas d’espèce de l’UDPS, parti avant gardiste du peuple congolais, en est une illustration alarmante. La contradiction est tellement flagrante qu’elle ne laisse plus de doute sur l’existence d’un deal politique entre Joseph Kabila et Felix Tshisekedi. Il est en effet inconcevable qu’un même électorat vote pour un candidat Président d’une manière et vote totalement dans le sens contraire pour les législatives et consorts. Le cycle électoral indirect (sénateurs et gouverneurs) s’apparente plus à un marché de dupes qui laisse l’UDPS à l’agonie et dans la confusion totale.
Une analyse rétrospective montre que l’UDPS ne cesse de se livrer, par une série de mauvaises décisions politiques et rendez-vous manqués :
Les cinq dernières années ont été les plus difficiles pour l’UDPS. L’affaiblissement, suivi de la disparition du feu président Etienne Tshisekedi ont provoqué la scission du parti, avec trois composantes au pays et une à l’extérieur. Ceci fut inévitable car les violons ne s’accordaient plus depuis bien longtemps.
C’est un secret de polichinelle que le parti est à la croisée des chemins, voire en voie de disparition. La dynamique qui avait animé la lutte a atteint son apogée en 2011; depuis lors, c’est le déclin et le résultat des élections indirectes en sont une preuve irréfutable. L’UDPS, jadis l’étendard du peuple congolais, est maintenant réduite à être un outil de marchandage financier. Ce modus operandi de haut en bas devient la norme et tout le monde s’en sert au détriment des idéaux qui nous ont animés autrefois.
A chaque fin de cycle, il y a lieu de procéder à une introspection pour aller de l’avant et, pour l’UDPS, ce moment est plus que dépassé. Si elle doit renaitre de ses cendres, il lui faut un renouveau, une rupture du statu quo et établir un nouveau contrat social avec le peuple.
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Dominique Kabongo, politologue à Toronto et cadre UDPS