
Politique
"Nous briser pour nous reconstruire", est ce que propose Patrick Muyaya, très critique à l'égard de l'état actuel du pays et appelant à un sursaut national pour inverser la situation. Le jeune député national du Parti Lumumbiste unifié (Palu) estime qu'il est possible de "changer les choses" avec les mêmes acteurs car, dit-il, "on ne va pas inventer les congolais, la routine ne vas pas changer ce pays".
"L'alternance [que le pays a connue] est politique. Elle n'est pas dans les manières", explique-t-il en relevant le fait que "fondamentalement, la crise que connait le pays est principalement due au fait que les familles ont été éprouvées, les écoles brisées, les églises également".
En RDC, poursuit-il, "il y a une crise de l'homme".
Pour le député PALU, "il n'est pas étonnant de voir que certains comportements, dénoncés hier, se reproduisent aujourd'hui".
Pour Patrick Muyaya, "c'est l'homme qui doit changer, c'est le Congolais qui doit changer pour espérer changer aussi son pays".
Saluant l'initiative "Congolais nde mutu akobongisa mboka", lancée par TOP CONGO FM, Patrick Muyaya reste convaincu qu'il est "temps pour que tout le monde puisse s'engager dans l'orbite du changement".
Vivre le changement
"Le changement [que nous voulons et souhaitons] n'est pas une génération spontanée", fait observer l'élu de Kinshasa.
"Nous avons une alternance politique. Moi, j'appelle à une alternance économique parce que c'est elle qui nous permettra de répondre aux priorités et aux besoins de nos populations", insiste-t-il.
Mais, relève Patrick Muyaya, "pour arriver à cette alternance économique, tout le centre du travail politique doit être remis en question".
C'est cela le sens de son intervention au cours de la plénière au cours de laquelle le budget 2020 a été examiné et déclaré "recevable".
"J'ai demandé au Premier ministre [de nous expliquer] ce qu'il comptait faire pour le capital humain", rappelle-t-il.
Les leçons apprises du processus électoral
"La première leçon, après les élections, est que les méthodes que nous, les hommes politiques, utilisons n'étaient pas les bonnes", constate Patrick Muyaya qui estime que "la population n'en voulait plus".
Une autre leçon, avance-t-il, est "le système de gestion du pays. Est-ce que le système de gouvernance que nous avons actuellement peut nous permettre de répondre à nos défis?", s'est-il interrogé.
"Est-ce que l'alternance politique que nous avons eue peut, en elle-même, constituer la réponse qui va nous conduire à toutes les solutions?", se demande-t-il encore.
À ces interrogations, l'ancien conseiller en communication de l'ex Premier ministre Adolphe Muzito croit que: "cela nous impose, politiques en premier lieu car nous connaissons une crise de l'élite, de nous remettre en question sur nos rapports vis-à-vis du pouvoir".
"Le pouvoir ne doit pas être conçu comme un mécanisme d'épanouissement personnel mais comme l'accès à un domaine qui permet à son détenteur de rendre de services à ceux qui l'ont porté à ce niveau", pense le député national.
C'est cela, estime-t-il, la première fondation sur laquelle "nous devons construire le changement".
"La plus grande opposition que nous avons dans ce pays est la pauvreté", fait-il savoir.
Patrick Muyaya pense même que dans "5 ans, cette pauvreté ne sera pas vaincue".
Dans 5 ans, poursuit-il, "nous aurons 10 millions des congolais et nous pourrons montrer la direcrion dans laquelle nous allons", affirme Patrick Muyaya.
"Je félicite la volonté politique qu'il y a actuellement dans le chef de tous les acteurs", dit-il en évoquant les interventions du Président de la République, du Premier ministre, la Présidente de l'Assemblée nationale et celui du Sénat.
"Il y a une volonté d'aller de l'avant" mais "il faut aussi le courage, car la volonté ne suffit pas", affirme l'élu de Kinshasa.
"Nous avons besoin des dirigeants qui innovent, la routine ne vas pas développer ce pays", rappelle-t-il.
"Lors que je parle de nous briser pour nous reconstruire, en réalité, je parle des réformes", pense l'élu qui évoque l'opportunité, par exemple, de "revoir notre système fiscal, notre appareil judiciaire, d'interroger nos assemblées provinciales, etc.".
"Comment savoir si notre économie contribue pleinement à nos besoins?", s'interroge-t-il encore.
"C'est là que doit partir la réflexion", répond le député national qui avance qu'il "est temps qu'on puisse faire bénéficier à certains congolais, qui sont expatriés et qui ont acquis une deuxième nationalité, de pouvoir revenir et apporter leur contribution pour le développement du pays".
"Il est temps d'interroger certains prescrits de la Constitution", pense-t-il.
D'où partira de telles réflexions ? "Elle part de moi aujourd'hui. Hier, elle était partie de quelqu'un d'autre. Il faut faire atteindre ces réflexions à un niveau supérieur où les gens peuvent commencer à décider".
À la proposition d'un Haut conseil pour les réformes institutionnelles, que défend l'Opposant Martin Fayulu, Patrick Muyaya dit ne voit "aucune contradiction".
Ce que les uns et les autres appellent réformes, "nous tous nous disons que ce pays ne peut pas répondre à nos défis dans son état actuel", tranche Patrick Muyaya.
Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.
Les plus commentés
Politique « Le vrai blocage, c’est la peur du peuple » : le Front anti-dialogue répond à Olenghankoy
13.04.2026, 7 commentairesPolitique Négociations Kinshasa–AFC/M23 en Suisse : l’ombre de Joseph Kabila alimente les incertitudes
13.04.2026, 5 commentairesPolitique Processus de paix en RDC : des figures politiques congolaises intègrent la délégation du M23 aux négociations en Suisse
13.04.2026, 4 commentairesSociété Embouteillage à Kinshasa : le gouvernement veut construire un viaduc de 3,5 km dans la baie de Ngaliema pour désengorger la Gombe
12.04.2026, 3 commentairesOnt commenté cet article
Ils nous font confiance
Patrick Muyaya