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Le Centre de dialyse de Kinshasa à l’arrêt

Le Centre de dialyse de Kinshasa à l’arrêt 2019-12-30
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Voilà 5 ou 6 mois que le Centre de dialyse de Kinshasa est à l’arrêt. Les reins assurent une fonction vitale pour l’organisme, l’élimination par les urines des déchets présents dans la circulation sanguine. En cas d’insuffisance rénale terminale, les reins ne peuvent plus assurer cette fonction, et il est nécessaire de recourir à la dialyse. Actuellement, deux types de dialyse sont possibles, l’hémodialyse et la dialyse péritonéale.

La dialyse est nécessaire à la vie pour les patients insuffisants rénaux, sauf s’ils peuvent bénéficier d’une greffe rénale. Selon les statistiques, Kinshasa compte près de 15% des personnes souffrant de la maladie rénale chronique. Conscient de ce problème de santé publique, le gouvernement provincial a inauguré fin décembre 2016 un Centre de dialyse dans l’enceinte de l’Hôpital général de référence, ex Mama Yemo, pour soigner ces personnes.

Ce centre équipé de dix générateurs d’hémodialyses neufs à son lancement est un service public de la ville qui emploie trente-neuf agents dont quatre médecins néphrologues et un médecin anesthésiste réanimateur. Il a fonctionné normalement en 2017, 2018 et pendant le premier semestre 2019.

Les produits utilisés pour la dialyse ont commencé à faire défaut en juillet 2019, comme le soulignait déjà un article du confrère en ligne « Médias Congo » publié pendant cette période.

Ancien Ministre Provincial des finances, Guy Matondo

La cause de cette pénurie ? « Le manque de réaction du gouvernement provincial actuellement aux affaires pourtant saisi depuis fin juin, le dysfonctionnement occasionné par l’ancien ministre provincial des Finances, Guy Matondo », tape un député provincial kinois indiquant que quelques intrants acquis pour un mois sont saisis à cause d’un litige avec les services de douane et évoquant la panne de quelques machines due au manque d’entretien.

Le personnel du Centre affirme aussi qu’un état besoin a été transmis à l’Hôtel de ville, sans succès. Alors que les intrants recherchés coûtent entre 75.000 dollars et 150.000 dollars par trimestre et étaient régulièrement fournis, avant l’immixtion de Guy Matondo dans les opérations d’achat, grâce à un partenariat avec une firme sud-africaine, l’Exécutif provincial se trouverait actuellement dans l’incapacité de payer leur approvisionnement, pourtant utile aux traitements des patients insuffisants rénaux, croit savoir une autre source.

Avant l’avènement des autorités actuelles de la ville, ces intrants étaient fournis via le ministère provincial de la Santé qui pouvait, à son tour, assurer des soins réguliers et de qualité à 50 dollars la séance aux malades issus des couches sociales démunies. Le président de l’Assemblée provinciale qui a dressé récemment un bilan à mi-parcours satisfaisant est interpellé.

Le Centre de dialyse de Kinshasa paralysé, les malades ont été orientés ailleurs. Certains sont morts, confient plusieurs sources citant les familles, alors que les plus chanceux et leurs parents sont en train de vivre un véritable calvaire à cause du coût trop élevé des soins appliqué par la concurrence: entre 250 et 350 dollars par séance.

Les prix des cathéters sont également astronomiques : 450 dollars pour un cathéter central avec pose alors qu’il coûte 5 euros en France. Un cathéter, ou KT dans le jargon médical, est un dispositif médical se présentant sous la forme d’un tube mince et flexible. Introduit dans une voie veineuse, il permet d’administrer des traitements par voie intraveineuse et de prélever du sang pour les analyses, et ainsi d’éviter les piqûres fréquentes.

Les malades en ont besoin pour leurs traitements. Hôpitaux et médecins savent que les personnes souffrant de la maladie rénale chronique sont obligées de payer pour se faire soigner. C’est est une question de vie ou de mort. « Mon frère à des œdèmes aux pieds suite à cet arrêt de la dialyse pendant plusieurs semaines. Les toxines ont augmenté dans son sang. Il est obligé de faire une dialyse tous les 2 jours au lieu de 2 par semaines », s’alarme JKK, une compatriote vivant à Paris, contrainte de faire des transferts d’argent supplémentaires en faveur de son frère insuffisant rénal. 

Approché, l’entourage du gouverneur Ngobila reconnaît les difficultés rencontrées par le Centre. Il laisse entendre que l’Exécutif avait libéré un peu d’argent pour dédouaner un stock d’intrants saisis par la Douane, renvoyant plutôt la balle au ministre en charge du secteur, prié de bienfaire fonctionner son secteur. 

Kisungu Kas
AfricaNews / MCP, via mediacongo.net
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