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Une offensive militaire secrète serait en cours depuis la semaine dernière dans l'est de la RDC visant des zones où la milice rwandaise des rebelles hutus des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) extorque des fonds en vue de maintenir leur effort de guerre depuis maintenant deux décennies, explique le media rwandais « The Chronicles ».
En dehors de quelques vagues déclarations sur le déroulement général de ces opérations militaires qui ont trait à tout l'est du pays, l'armée congolaise n'a pas fourni plus de détails. Cependant, le président Félix Tshisekedi aurait déployé 12.000 forces spéciales dans la région pour combattre les rebelles rwandais et ougandais ainsi que des groupes de milices locales.
Les dernières opérations ont lieu dans le vaste territoire de Rutshuru, en particulier dans les zones bordant le grand parc forestier des Virunga. Ce parc naturel qui s'étend vers le Rwanda et l’Ouganda est aussi mondialement connu pour être l'habitat des célèbres gorilles des montagnes.
Les premières informations sur l'offensive en cours sont partagées sur les réseaux sociaux par des exilés rwandais hutus. Ils ont publié des photos graphiques des villages détruits, signalant qu'ils étaient habités par des « réfugiés hutus du Rwanda », relate le journal.

Images des dommages infligés aux villages qu'auraient pu être occupés par les FDLR. Ces photos ont été partagées sur les réseaux sociaux par des exilés rwandais. Pas encore de rapports crédibles de victimes. (The Chronicles)
Dans les mêmes postes, comme lors des précédentes offensives militaires, ces exilés rwandais en Europe ont également affirmé que les attaques avaient été menées par des troupes rwandaises camouflées en uniforme de l'armée congolaise.
Lundi 13 avril, le député national Juvénal Munubo, élu UNC de Rutshuru à l’Assemblée nationale, affirmait, dans une interview sur les antennes d’une radio de Goma, que des troupes rwandaises étaient à Rutshuru allant jusqu’à demander la tenue d’une réunion du CIRGL à ce sujet dans un tweet.
#RDC:Présence signalée des militaires rwandais en territoire de #Rutshuru:Si le Mécanisme conjoint de vérification des frontières(JMV)se révèle inefficace, je suggère la tenue d'un sommet extraordinaire #CIRGL @_icglr,même par visioconférence,pr clarifier vite cette situation-JM https://t.co/VhyAK1SCdL
— Juvénal MUNUBO (@juvenalmunubo) April 13, 2020
Mais du côté Rwandais c’est le silence radio car l’armée rwandaise ne commente jamais officiellement la guerre qui fait rage dans l'est du Congo. À certaines occasions, le Rwanda a juste affirmé que s’était des affaires internes à la RDC et que les questions à ce sujet devaient être posées à Kinshasa.
Des opérations dans la « zone financière » des FDLR

D'après une étude danoise, les taches bleues indiquent l'emplacement exact des barrages routiers cartographiés par les chercheurs
Au sujet de l’offensive militaire, le journal rwandais affirme avoir des preuves en provenance de sources crédibles sur la véritable identité des personnes habitant cette zone d’opération militaire. Selon ce journal, la région est source de dizaines de milliers de dollars en espèces pour les commandants rebelles rwandais des FDLR et les généraux de l'armée de la RDC.
Selon des informations publiées ce mardi sur les réseaux sociaux par des exilés rwandais, ils identifient la zone d’opérations comme étant entre Kisali et Kidodi, tous deux à Rutshuru près du parc des Virunga. Ils affirment également qu'il y a de nombreux morts et déplacés. Cependant, il n'y a pas d'autres sources indépendantes pour confirmer ces affirmations. Ces mêmes emplacements sont identifiés par une étude danoise de novembre 2017 comme zone d’emplacement de barrage par les FDLR.
Le rapport de l'Institut danois d'études internationales (DIIS) intitule : « Tout ce qui bouge sera taxé: l'économie politique des barrages routiers au Nord et au Sud Kivu. » donne, en effet, des détails graphiques sur un système d'impositions bien établi imposé par les FDLR sur les minéraux, le bois, le charbon de bois, le cannabis et les aliments.
On peut lire dans ce rapport qu’il existe près de 43 des barrages routiers établis par les FDLR « […] 43 postes de perception fiscale des FDLR au Nord-Kivu, tous dédiés à la fiscalité des ressources naturelles. Les FDLR imposent une taxe sur le makala et sur le bois. Presque tous les barrages routiers sont situés à Masisi et Rutshuru, et la plupart de ces points se trouvent dans ou près du parc national des Virunga.
« Une première catégorie de postes FDLR le long de la chaîne d'approvisionnement du charbon de bois et du bois concerne ceux situés dans la zone bordant le parc. A ces barrages routiers, ils facturent entre 200 et 700 FC pour le "droit d'accès", et taxent l'évacuation des ressources naturelles (en nature ou en espèces). À ces postes, ils vérifient également les paiements des zones de production sous leur contrôle. Cette première catégorie comprend les barrages routiers de Kiseguru, Katwiguru, Kisharo, Kanyatsi, Shonyi, Buhara, Bweru et Kanyangiri.
Une deuxième catégorie comprend les barrages routiers dans les zones de production du parc lui-même. Les FDLR taxent non seulement la production de charbon de bois et de bois, mais aussi la production agricole. Leurs postes sont soit situés aux endroits mêmes où ces ressources naturelles sont produites, soit à l'entrée / sortie de ces zones. Cette catégorie de barrages routiers comprend ceux de Bwiza, Kyumba, l'entrée du parc entre Kidodi et Katemba, Kilama et Kasali. Les FDLR ont une unité appelée "Chypre" du sous-secteur opérationnel des FDLR "Sinaï", qui gère la taxation des aliments. De plus, autour de Kiwanja, les FDLR imposent aux agriculteurs environ 3 000 FC pour l'accès à leurs champs. »
« Dans le secteur de Nyamulagira, au sud du volcan Nyiragongo dans le parc des Virunga, les FDLR exploitent un grand nombre de postes de perception fiscale, taxant principalement les scieries et les transporteurs de charbon de bois ou de bois. Ils facturent 7 000 FC pour l'accès aux sites par personne et par mois. Les FDLR imposent également aux agriculteurs une taxe appelée "Mikoro" de 2 000 FC par récolte à Kibende, à quelques kilomètres de Kiwanja, et 10 dollars par récolte à Kibirizi dans le territoire de Rutshuru. »
Cependant, l'étude danoise note que dans ces zones, il y a également des postes de l'armée congolaise. L'étude danoise aurait cartographié 36 barrages routiers des FARDC. « Il est intéressant de noter que tous les barrages routiers des FDLR sont reflétés par un barrage routier de l'armée congolaise (FARDC) à proximité, où l'armée impose également des taxes aux transporteurs. Alors que les FDLR taxent plus près de la zone de production, les soldats congolais taxent le transport des ressources naturelles. Le long des routes entre la zone de production de Rutshuru et Goma (la principale destination), les FARDC avaient érigé des barrages routiers, plus ou moins discrets, pour taxer cette activité. Avec l'aide du parc national des Virunga. »
Selon la société civile locale, environ 18 000 sacs de charbon de bois et 23 000 planches de bois sont transportés par une seule route chaque mois. Ces vastes productions ont comme destination Goma, mais également le Rwanda, via des commerçants rwandais et congolais reconnus.
Les estimations des recettes des FDLR sur ces « impôts » ou sur la revente du charbon de bois, des minéraux et du bois taxés varient suivant les calculs des différents groupes internationaux qui ont eu accès aux zones des FDLR. Néanmoins, on peut dire que cette milice fait des transactions estimées à des millions de dollars.
L’ONG « Enough Project », fondé par la star de cinéma Ben Affleck, a affirmé, selon sa propre étude publiée en juin 2016, que les estimations du commerce de charbon de bois par les FDLR valaient à elles seules environ 35 millions de dollars par an.
La région était tellement stratégique pour les FDLR, que c'est là que vivait le commandant reclus Gen. Sylvestre Mudacumura, le chef militaire de ces rebelles hutus, tué à Nyanzale, à plus de 150 km au nord de Goma en septembre de l'année dernière.
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