
Economie
La descente aux enfers de la Banque internationale pour l’Afrique au Congo (BIAC) n’a pas laissé indifférent l’un des anciens managers de cette banque commerciale aujourd’hui mise en liquidation forcée. Au cours d’un entretien sur Top Congo FM, une radio privée émettant depuis Kinshasa, Michel Losembe a donné sa lecture par rapport à la faillite de la Banque. Selon lui, l’Etat congolais n’a pas facilité la tâche à la BIAC, notamment en refusant de rembourser les crédits obtenus de la banque.
« Le politique faisait partie intégrante de la vie de la Biac. La banque avait deux difficultés majeures, au moment où j’en prends la gestion. Il fallait trouver une résolution aux problèmes structurels auxquels la banque faisait face. Notamment le financement de l’économie [le crédit que la banque avait octroyé au marché]. C'est-à-dire une exposition assez élevée de l’Etat et ses démembrements. Je ne parle pas de l’Etat au premier degré seulement, mais aussi les entreprises publiques, les administrations décentralisées et autres.
Les crédits octroyés à l’Etat [entre 40 millions et 50 millions USD] représentaient une partie non négligeable du portefeuille de la banque. De l’autre côté, il y avait de financements importants que la Biac avait octroyé aux entreprises apparentées aux actionnaires », a révélé Michel Losembe.
Et d’ajouter : « Ces deux composantes font que la liquidité de la banque est en danger, car ces crédits étaient improductifs. Ils ne servaient même plus des intérêts et ne remboursaient même pas aux échéances prévues. Ce qui a constitué un problème important de la banque. Dans les tentatives de recouvrement notamment de crédit à l’Etat, on s’est retrouvé vite dans des situations de discussions difficiles avec certaines administrations concernées. Certains de ces crédits étaient garantis par le gouvernement et nous n’avions pas pu faire valoir la garantie du gouvernement pour récupérer la liquidité qui y était. Donc, à ce point de vue là, de par l’exposition de la banque, c’était une décision stratégique du management avant moi, de s’investir dans le soutien des initiatives publiques et le soutien de certaines entreprises publiques. Le fait que nous soyons une interface permanente avec l’Etat pour la gestion de ces crédits, il se faisait que d’une certaine manière, la banque était exposée politiquement ».
Pour Michel Losembe, ça aurait certainement été plus facile à gérer si ces crédits publics avaient été des crédits actifs. C'est-à-dire des crédits qui ne sont pas douteux. Et ça aurait aussi permis, pendant la crise de 2016, au moment où la BCC réclame le remboursement des avances qu’elle nous avait consenti (40 milliards DCF qui représentaient presque 40 millions USD au taux de l’époque).
Michel Losembe estime que l’apport de la BCC avec ses 40 millions USD était un financement qui avait été rendu nécessaire, par le fait que les actionnaires n’avaient pas injecté dans le bilan de la Biac, ce qu’il fallait pour la recapitalisation de la banque.
« En tant que manager, nous avons cherché les solutions ailleurs. Et la BCC qui nous a accompagné pratiquement jusqu’au bout de la crise sur la restructuration, en nous prêtant ces 40 milliards CDF [40 millions USD] ».
Pour rappel, la Biac en faillite est mise en liquidation forcée depuis quelques jours, par la BCC en tant que régulateur attitré. Le processus pour trouver un repreneur est donc déjà enclenché.
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