
Politique
La relation pouvoir central-gouverneurs de provinces est régie par la Constitution et non par l'adhésion à un quelconque mouvement politique, soutiennent nombre d'analystes.
Rideaux sur la 7ème session de la conférence des gouverneurs de provinces. La fin des travaux a été sanctionnée par une motion de soutien au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Les 26 chefs des exécutifs provinciaux adhèrent non seulement à la vision du Chef de l'Etat, mais aussi à l'Union sacrée de la nation. Une allégeance qui fait réagir certains observateurs de la scène politique rd congolaise.
Pour nombre d'analystes, que les gouverneurs de provinces soient en phase avec le Président de la République, en ce qu'ils sont ses représentants dans leurs entités respectives, cela tombe sous le sens. Tant cette collaboration-verticale soit-elle- est constitutionnelle.
La République Démocratique du Congo n'aurait rien à gagner avec des gouverneurs qui tourneraient le dos au pouvoir central. Une attitude qui friserait la rébellion, si l'on se réfère à notre histoire.Le fait pour les gouverneurs de provinces de s'engager à travailler selon la vision du Président de la République est donc normal.
Le hic, c'est cette tendance à vouloir institutionnaliser l'Union sacrée de la nation. Libre au Chef de l'Etat de lancer son mouvement. Et ceux des compatriotes qui sont dans les institutions sont également libres d'y adhérer. Mais faire de l'Union sacrée un référent institutionnel a de quoi heurter la loi fondamentale. L'Union sacrée ne figurant ni dans l'ADN de la Constitution en vigueur ni dans l'ordonnancement institutionnel qui régit le pays.
La séquence actuelle, mutatis mutandis, rappelle un peu aux Congolais d'un certain âge, les épopées MPR et AFDL. Le premier se voulait être la source de légitimité du pouvoir en République du Zaïre. Quant à la seconde, elle avait la prétention d'embrigader " tous les Congolais libérés du mobutisme et du néocolonialisme."
LA CONSTITUTION, CADRE DE RELATIONS ENTRE POUVOIR CENTRAL ET GOUVERNEURS DE PROVINCES
Dans un camp comme dans l'autre, les libertés fondamentales, le pluralisme politique s'en étaient trouvés sacrifiés.
Dans le paysage congolais actuel, l'Union sacrée de la nation a toute sa place. Mais seulement aux côtés d'autres plateformes politiques. Ce mouvement, même s'il est inspiré par le Président de la République, ne devrait pas avoir vocation à devenir une institution. Au point que les gouverneurs croient devoir unanimement y souscrire. Hier, aujourd'hui comme demain, sur pied de la constitution du 6 février 2006, le gouverneur a l'obligation de collaborer, de coopérer et même d'appliquer les instructions et directives du pouvoir notamment celles du Président de la République. Cette obligation constitutionnelle n'est pas antinomique avec l'autre casquette du gouverneur qui est un élu et à ce titre redevable devant ses mandants que sont les députés provinciaux. Lesquels l'ont investi non sur la base du programme du Chef de l'Etat mais au regard de son programme. Comme la Constitution en vigueur repose sur des piliers démocratiques ou pluralistes, le gouverneur de province peut ou ne pas être de même sensibilité que le tenant du pouvoir central. Ce cas de figure ne dérangerait en rien la relation entre le chef de l'exécutif provincial et Kinshasa.
Le seul cadre de collaboration entre le pouvoir central et les exécutifs provinciaux étant la Constitution. Il est donc plus que temps de clarifier l'identité de l'Union sacrée de la nation. Est-ce est la vision du Chef de l'Etat comme ses prédécesseurs en ont eu et ses successeurs en auront ? Est-ce une énième plateforme politique ? Une chose est sure, ni la loi fondamentale, ni les autres lois y afférentes ne prévoient une institution appelée Union sacrée de la nation.
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Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, président de la République