
Société
En disant cela, le Président de la République interpelle les magistrats, ceux qui rendent justice.
Patrick Muyaya innove. Le ministre de la Communication et Médias et Porte-parole du Gouvernement procédera désormais à une sorte d’éclairage sur le compte rendu de la réunion du Conseil des ministres. Ce sera au cours d’un briefing hebdomadaire avec la presse. Ce nouvel exercice, destiné à faire comprendre à la population les délibérations du Gouvernement, a été lancé officiellement hier lundi 10 octobre. Patrick Muyaya est donc revenu sur la communication du Président de la République, et d’autres points d’information traités à la 72ème réunion du Conseil des ministres, tenue le vendredi 7 octobre courant.
Dans sa communication, rappelle Muyaya, le Chef de l’Eta, Félix Tshisekedi, s’est exprimé sur la situation sécuritaire à Kwamouth dans le Mai-Ndombe, instruisant le ministre des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité de préparer une mission humanitaire sur place.
« Il y a eu malheureusement, d’après le bilan qui nous a été partagé par la gouverneure de Mai-Ndombe, plus de 180 morts à la suite de ce conflit entre Teke et Yaka. Le gouvernement a pris toutes les dispositions pour que la sécurité puisse être rétablie », a précisé Patrick Muyaya.
Le ministre de la Communication et Médias a également évoqué les dérapages judiciaires constatés par le Président de la République qui a, à l’occasion, interpellé le Conseil supérieur de la magistrature et le ministre d’État, ministre de la Justice afin de remettre de l’ordre dans le secteur.
Le Porte-parole du Gouvernement a réfuté l’idée selon laquelle le Président de la République se serait plaint, parlant de la « théâtralisation de la Justice ».
« Le Président de la République ne s’est pas plaint, il a fait un constat », a souligné le ministre de la Communication et Médias. « C’est général dans la situation du pays. Nous connaissons des crises dans tous les secteurs. Mais la crise qui affecte la Justice est celle qui affecte l’Etat de droit, le leitmotiv de l’action du Chef de l’Etat », a indiqué Patrick Muyaya.
Interpeller les magistrats
Ce dernier rappelle qu’on ne cessera jamais de dénoncer le mal lorsque quelque chose ne va pas. Mais parallèlement aux dérapages constatés dans l’administration de la Justice, a fait savoir le ministre Muyaya, « il y a un travail en cours, notamment le recrutement des magistrats. Mais bien au-delà », a-t-il souligné, « il y a aussi le problème de prise en charge. C’est un travail qui se fait de manière permanente en fonction des moyens disponibles ».
Le Porte-parole du Gouvernement a précisé que « le Président de la République en disant cela interpelle les magistrats, ceux qui rendent justice. Ça veut dire qu’il ne faut pas rendre justice parce qu’il y a en face ceux qui sont les plus forts, c’est-à-dire les plus offrants. Quand vous rendez justice, a-t-il insisté, vous devez être vous-mêmes en harmonie avec vos valeurs, le serment et tout ce qui doit guider votre métier. Encore une fois, c’est un appel à la responsabilité. Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas bien payés qu’on nous ne devons pas bien faire les choses. La situation du pays nous impose à tous des sacrifices. Mais certains doivent le faire plus que d’autres, notamment du côté de la justice », a déclaré Muyaya.
Le ministre de la Communication et Médias promet de revenir vers la presse avec sa collègue de la Justice pour informer la population de comment l’interpellation du Chef de l’Etat va être implémentée.
Communication du Premier ministre

Après le Président de la République, le Premier ministre Sama Lukonde a pris la parole, tout en appuyant le Magistrat suprême. Le Chef du Gouvernement s’est attardé sur les discussions qui se poursuivent notamment avec les médecins à Bibwa dans la commune de la N’sele. « Il y a un besoin de désamorcer la crise dans ce secteur parce que nous avons fait du dialogue social une stratégie », a rappelé le ministre de la Communication et Médias.
Dans le deuxième chapitre consacré au point d’informations, Patrick Muyaya a évoqué les points faits par le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité sur l’état général du pays et la situation dans les provinces. Son intervention a été suivie par le ministre de la Défense qui a fait le point des détails opérationnels de ce qui se passe sur le terrain, principalement dans les provinces sous état de siège. Le ministre de la Santé s’est appesanti sur la situation sanitaire relative à la pandémie de Covid-19.
Patrick Muyaya a également évoqué le troisième chapitre du Conseil des ministres sur l’approbation d’un relevé des décisions prises en Conseil des ministres et qui doivent être formalisées avant qu’elles soient notifiées aux autorités compétentes.
« Nous passons toujours par une séance d’adoption au troisième chapitre », a dit Patrick Muyaya.
Le Conseil des ministres a, comme à l’accoutumée, discuté des dossiers.
« Cette semaine, nous avons discuté du dossier présenté par le ministre des Finances qui a fait le rapport de l’état des finances publiques. Il a expliqué par exemple qu’au 30 septembre 2022, nous avons dépassé les assignations budgétaires pour l’exercice en cours », a indiqué Patrick Muyaya.
IMPACT SOCIAL DES ASSIGNATIONS BUDGETAIRES
S’agissant de l’impact social de ces assignations budgétaires atteintes par le gouvernement, le porte-parole des « Warriors » a signifié qu’il y a encore beaucoup à faire pour que cette population de plus 100 millions d’habitants ressente cette amélioration. Il a, néanmoins, rappelé que le gouvernement assiste mensuellement les Congolais en payant 40% des carburants utilisés à travers les ménages et les véhicules de tous genres. « Le gouvernement subventionne auprès des pétroliers les carburants que nous consommons pour que cela n’impacte pas négativement la vie de notre population », a-t-il déclaré.
Lors de ce face à face avec la presse, les questions d’actualité ont été abordées. C’est ainsi que le séjour du Président Sassou Nguesso à Kinshasa, s’est invité au débat. Le ministre Patrick Muyaya a indiqué que plusieurs sujets d’intérêt commun ont été abordés pour le bien de deux peuples. « Cela n’est pas une nouveauté, les deux Présidents échangent fréquemment sur des questions sécuritaires, économiques, de développement et de paix », a-t-il rappelé.
Ce briefing hebdomadaire ne pouvait pas se tenir sans parler de Bunagana dans le Nord-Kivu et de Kwamouth dans le Maï-Ndombe. S’agissant de Bunagana, le gouvernement Sama Lukonde préconise l’axe diplomatique pour récupérer cette cité assiégée depuis plus de 110 jours déjà par le M23. Soucieux de sa population, il ne veut pas enregistrer des pertes en vies humaines et des déplacements de cette dernière en favorisant l’option militaire.
S’agissant de la situation à Kwamouth, le gouvernement se réjouit du retour au calme et prend des dispositions nécessaires pour la restauration de l’autorité de l’État et du retour de la population ayant fui les atrocités.
MISSION HUMANITAIRE D’URGENCE A MAI-NDOMBE

« Après échanges avec la gouverneure de Maï-Ndombe, Rita Bola, elle m’a informé que certains compatriotes se sont réfugiés au Congo Brazzaville, à Kinshasa et dans d’autres provinces du Grand Bandundu. Avec cette situation qui est sous contrôle de nos services de sécurité et de défense, le Chef de l’État Félix Tshisekedi a instruit le Premier ministre pour qu’une mission humanitaire soit d’urgence dépêchée sur place en vue de venir en aide à nos frères et sœurs du Mai-Ndombe. J’annonce par ailleurs un voyage pastoral du cardinal Ambongo à Kwamouth et ses environs dans les prochains jours pour compatir avec les familles éplorées », a dit Patrick Muyaya.
En ce qui concerne l’opposition américaine à travers l’ancien secrétaire d’Etat John Kerry sur l’offre des blocs pétroliers et gaziers, le ministre Patrick Muyaya a rappelé que l’actuel secrétaire d’Etat Anthony Blinken a, lors de son séjour à Kinshasa, encouragé le gouvernement congolais à exploiter ses richesses tout en tenant compte des normes environnementales.
« Si le gouvernement américain ne veut pas que nous exploitions nos richesses pétrolières et gazières, qu’il nous propose une contrepartie équivalente. Nous allons l’analyser et nous décider », a conclu Patrick Muyaya.
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