
Provinces
À l’occasion de deux ans de l’État de siège instauré par ordonnance présidentielle sur une partie du pays, soit en province du Nord-Kivu et en Ituri, le mouvement pro démocratie dénommé « Lutte pour le Changement »(LUCHA), a dressé, ce samedi 06 mai 2023, un bilan mitigé de ce régime exceptionnel.

Dans cette déclaration, ce mouvement citoyen dit regretté cette décision du président de la République qui, au début, suscitait un espoir du retour de la paix dans la partie orientale du pays, secouée depuis des décennies par l’activisme des groupes armés. La LUCHA rappelle qu’elle avait toujours des inquiétudes liées à l’arrivée aux bons résultats avec ce régime.
Cette organisation dit ne pas comprendre comment un régime qui était de 30 jours renouvelable pour 15 jours, est devenu une routine dans la République, malheureusement prolongée, selon elle, par les députés et sénateurs sans aucune évaluation remarquable.

« En tant qu’organisation qui milite depuis des années pour que les autorités congolaises et les Nations-Unies mettent fin aux massacres des civils à l’est du pays et y restaurent l’autorité de l’État, nous nous sommes réjouis de cette prise de conscience des autorités nationales de la gravité de la situation sécuritaire et de l’urgence d’endiguer les violences armées. Néanmoins, nous avions rappelé que l’instauration de l’état de siège était une solution inadéquate aux problèmes et défis précis relatifs au rétablissement de la paix et de la sécurité. Deux ans après la mise en place de l’état de siège, le bilan de cette mesure prouve que nos inquiétudes étaient bien fondées », peut-on lire dans sa déclaration.
Touchant l’aspect sécuritaire et des droits de l’homme, la LUCHA déplore le mauvais fonctionnement de certains mécanismes mis en place pour essayer d’endiguer le phénomène d’insécurité en République Démocratique du Congo. Ce mouvement citoyen parle, par exemple, du programme DDR qui n’a produit que des redditions dans certains coins des provinces sous État de siège. Malheureusement, le laxisme s’est installé, provoquant ainsi la fuite des hommes qui avaient déjà déposé les armes. Ceux-ci ont encore repris le chemin de la brousse faute d’une prise en charge médiocre.

Parlant des droits humains, cette structure a déclaré qu’en plus des groupes armés qui commettent des abus de toute sorte contre la population civile, les autorités militaires usent de leur pouvoir pour porter atteinte aux droits fondamentaux. L’organisation fait allusion à des arrestations des certains de ses militants et députés provinciaux que nationaux emprisonnés pour avoir réclamé la paix à l’est du pays, des tortures, des demandes, des frais illégaux pour des faits non infractionnels, et l’insuffisance du personnel judiciaire.
Dans ce même document, cette structure donne des chiffres inquiétants qui expliquent, selon elle, l’inefficacité de l’État de siège, que cela soit en province du Nord-Kivu qu’en Ituri. Ce régime a accentué la criminalité urbaine dans presque toutes les villes du pays. Ici, elle parle, à titre d’exemple, du « phénomène 40 voleurs » qui fait parler de lui en ville de Goma. Cette organisation Prodémocratie révèle que l’activisme des groupes armés est monté à grande échelle qu’avant cette mesure exceptionnelle et causant ainsi, la naissance et la résurgence d’autres milices qui étaient déjà presque mis en déroute par les Forces Armées de la République Démocratique du Congo, à l’occurrence le M23. Elle parle aussi de la gravité et l’élargissement des zones des groupes armés, comme le groupe terroriste ADF, qui était actif trop seulement au Nord-Kivu avant l’État de siège, qui, malheureusement après, s’est vu élargir sa zone de menace jusqu’en province voisine de l’Ituri, où il sème mort et désolation.

« Alors que 2367 personnes avaient été tuées au cours de deux ans précédant l’état de siège, au moins 5 458 Congolais ont été tués au Nord-Kivu et en Ituri entre le 06 mai 2021 et le 06 mai 2023 par différents acteurs armés, selon le Baromètre Sécuritaire du Kivu. Ce bilan humain est l’illustration parfaite de l’incapacité de l’état de siège à assurer la protection des civils », renchérit la LUCHA.
Loin de là, elle dénonce la spoliation des espaces publics en ville de Goma, où les particuliers s’approprient des parcelles qui appartiennent soit à l’État congolais, soit aux citoyens vulnérables, sous le soutien de fois des certaines autorités politico-administratives en province.
Cette organisation citoyenne finit sa déclaration par des recommandations en guise de solutions palliatives à ce qu’elle qualifie de défis. Il s’agit, entre autres, de la levée de l’État de siège sur tout l’espace de son contrôle, au Nord-Kivu et en Ituri. Aux Nations-Unies, de mettre en place en toute urgence un tribunal pénal spécial pour la RDC pour juger les auteurs des crimes repris dans différents rapports, notamment le rapport Maping; la réforme de l’armée et le changement au sommet du programme PDDRCS qui, selon elle, a montré ses limites pour ne citer que cela.
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