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Assassinat de Chérubin Okende : après le crime, la rude bataille judiciaire

2023-07-18
18.07.2023
2023-07-18
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L’assassinat de l’ex-ministre des Transports est intervenu dans un contexte préélectoral très tendu. Le procès doit faire la lumière sur les circonstances entourant le crime. Des bonnes pistes conduisant à la manifestation de la vérité sont activement recherchées par la justice. Mais, il est clair que c’est au moment du procès que les preuves seront présentées aux juges. Entre le tintamarre des réseaux sociaux et la bataille de l’enquête, la famille Okende a porté plainte lundi contre “inconnus” pour assassinat.

L’affaire qui paraissait locale, connaît désormais un retentissement mondial si bien qu’il sera difficile de masquer la réalité. Pour la commission des Affaires étrangères du Sénat des États-Unis, «le meurtre de l’éminent politicien congolais de l’opposition Chérubin Okende à Kinshasa est profondément troublant. Le gouvernement de la RDC doit tenir sa promesse d’enquêter sur son assassinat de manière transparente et plus urgente compte tenu de l’histoire de violence politique du pays».

La famille saisit la justice

Une plainte contre “inconnus” a été déposée lundi à Kinshasa par la famille de l’opposant Chérubin Okende assassiné jeudi passé dans des conditions inhumaines. Cinq jours après la découverte de son corps, sa veuve, ses enfants, son père ainsi que ses frères et sœurs ont décidé de “saisir officiellement la justice congolaise pour que (la) lumière soit faite sur cet assassinat crapuleux”, a déclaré aux journalistes, Me Laurent Onyemba, après avoir déposé la plainte au parquet près le tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe.

“Cette démarche permettra à la famille, qui n’était pas encore associée à la procédure judiciaire en cours, d’être tenue au courant de son évolution au quotidien”, a-t-il expliqué au sortir du parquet. Il s’agit d’une “plainte contre inconnus pour faits d’arrestation arbitraire et assassinat”, selon ce document consulté par Ouragan. Les plaignants demandent à la justice “d’ouvrir une instruction qui permettra d’identifier sans complaisance les auteurs, coauteurs et complices éventuels de cet horrible assassinat”.

Les divergences 

Selon les informations communiquées par le procureur général près la Cour de cassation, au cours d’un point de presse aux côtés du président du Conseil supérieur de la magistrature et du procureur général près la Cour constitutionnelle, “les premiers éléments d’enquête semblent confirmer la thèse d’un crime crapuleux et un premier suspect a été interpellé”. Le camp Katumbi a aussitôt dégainé. Sur Top Congo, le cadre Ensemble, Francis Kalombo, a rejeté les premières pistes présentées par le procureur près la Cour de cassation. “Ils veulent étouffer l’affaire en incriminant le garde du corps qui n’a rien fait. Dites-moi, quand le procureur a confirmé que Chérubin est mort, assassiné à coup de balles, parce que jusqu’à maintenant, on n’a pas fait l’autopsie. Ce qu’ils savent comme ils l’ont tué”, a-t-il désapprouvé avant de renchérir en ajoutant que “quand vous regardez, le stationnement de la voiture, même une personne qui n’est pas professionnelle, peut comprendre que si on tire une personne, le sang va jaillir et s’éparpiller sur les vitres, aux pare-brises, sur les sièges. Chose grave, aucune goûte sur les vitres, sur le siège dont il était assis. Le sang visible, c’est seulement celui qui était sur son corps et qui suintait. Donc ils l’avaient déjà tué avant de monter ce scénario-là. Si vous regardez, le pantalon de Chérubin a du sable. Donc Chérubin avait joué avec du sable avant d’entrer dans la voiture pour se tuer ? Le sable là vient d’où ? Donc toutes ces choses-là… le procureur s’est précipité pour dire n’importe quoi avant qu’il y ait les enquêtes. Il ne pouvait pas confirmer cette thèse avant le début des enquêtes. Ce qui laisse entendre que c’est un crime d’État. Comment pouvez-vous confirmer qu’on a tiré sur une personne alors qu’on ne voit même pas les balles en question ? Comment pouvez-vous expliquer que les balles trouvées-là sont celles qui ont été utilisées ? On a jamais vu au monde une confirmation si rapide. Quel laboratoire a analysé le corps de Chérubin pour confirmer qu’on l’a tiré dessus ? Parce qu’on n’a pas ouvert le corps de Chérubin. Quelles balles ont-ils analysé pour dire que ce sont celles qui ont tué Chérubin ?”, a dénoncé Kalombo.

Pour lui, “toutes ces manœuvres tendent à affaiblir Katumbi”. Parce que dans l’autre camp, ils n’ont arrêté personne. Ceux qui sont traqués, ce sont les proches de Moïse Katumbi jusqu’à tuer l’un de ses bras droits. “Si je te donne mon téléphone, que tu entendes les menaces que je reçois, tu seras étonné. certains sont des aventuriers, mais on prend ça au sérieux. On garde tout ça. Parce que ça commence toujours comme ça”.

À peine débarqué dimanche à Kinshasa, le chef d’Ensemble est allé directement à la Monusco. Avec l’adjoint de Bintou Keita, Katumbi a sollicité l’expertise de la Monusco dans les enquêtes que mène la justice. Lundi après-midi, il était au siège de l’Union européenne à Kinshasa où il s’est entretenu avec le chef de la délégation, Jean-Marc Châtaigner. Là encore, il a renouvelé son plaidoyer. Pour la mémoire d’Okende, le leader d’Ensemble pousse pour que les vrais coupables et leurs commanditaires soient connus et subissent un châtiment sévère. Katumbi veut honorer son camarade du parti qui a quitté le gouvernement de Tshisekedi à l’appel de son parti. Une preuve de loyauté qui marquera à vie le candidat président d’Ensemble, dans un monde politique où la transhumance est devenue la règle.

Le gouvernement sollicite aussi des experts internationaux

Pour besoin de transparence, le président Félix Tshisekedi et son gouvernement ont opté pour l’ouverture des enquêtes à des instances aussi bien nationales qu’internationales. Lors du dernier Conseil des ministres tenu vendredi 14 juillet, le chef de l’État s’est dit consterné par la découverte tragique, le jeudi 13 juillet dans la matinée, du corps sans vie de Chérubin Okende, député national et ministre honoraire de la République démocratique du Congo. En sa qualité de garant de la nation, de la paix et de la sécurité individuelle et collective, et aussi du bon fonctionnement des institutions, “il n’a pu contenir sa colère et son indignation quant à l’atteinte faite, par cet acte odieux, aux symboles de la République, notre République”, révèle le compte-rendu du Conseil des ministres lu par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya. M. Tshisekedi fonde tous ses espoirs sur la justice pour que le ou les auteurs de ce crime odieux puissent être déférés auprès des instances compétentes et subir la rigueur de la loi. « Ce crime ne demeurera point impuni. Encore une fois, j’appelle au nom du peuple congolais la justice, dans son impartialité et dans son indépendance, à faire toute la lumière sur cette ignoble affaire », a-t-il insisté.

La classe politique se déchire

Indigné par l’assassinat lâche de son collègue député, l’opposant Claudel Lubaya ne s’explique pas comment «aucun médecin légiste n’a encore été désigné mais un haut magistrat a affirmé, au cours d’un point de presse, dans une précipitation inexplicable et avec une certitude enjouée, que Chérubin Okende aurait été tué par balles ! De quelle expertise balistique détient-il une telle conclusion ? Cette prise de position n’est-elle pas de nature à désorienter les enquêteurs ?». De toute évidence, l’opposant rappelle que “ce drame sans doute évitable à bien des égards est révélateur de la faillite de notre État et, bien plus, il met à nu la démission devenue endémique du gouvernement d’assumer ses missions régaliennes de sécurisation des citoyens”.

De son côté, le PPRD Patrick Kanga rappelle qu’« à chaque niveau de responsabilité où il se décèle une négligence, une suspicion ou une irresponsabilité, relativement à l’assassinat du député Chérubin Okende, il est nécessaire et impérieux que nous assistions à des démissions et des suspensions à titre conservatoire, afin que la justice mène avec sérénité ses investigations. “Si, au niveau de la Cour constitutionnelle, affirme le rapporteur du bureau politique du parti de Joseph Kabila, il y a un ou deux juges, sur qui pèseraient des suspicions, ils se devraient également de démissionner”.

Quelles enquêtes sur l’affaire Chérubin Okende ?

La ministre d’Etat, ministre de la Justice et garde des Sceaux a été chargée par le gouvernement de prendre contact avec les autorités belges dont le Premier ministre lui a dit la disponibilité de son pays à déléguer ses experts en République démocratique du Congo. Les Sud-Africains pourront aussi être associés, selon les autorités congolaises. “À Bruxelles, les avocats de l’opposant Salomon Kalonda Idi Della s’étonnent de l’agitation du régime Tshisekedi. 36 heures après la confirmation de l’assassinat de M. Okende, comme si on ne savait pas quoi dire, quoi faire face à un événement dont on se sentirait responsable pour ne pas dire plus”, les plaideurs du conseiller spécial de Moïse Katumbi constatent que les choses bougent. Diongo a été libéré. En outre, Me Alexis Deswaef s’est dit surpris d’apprendre que Kinshasa cherche à associer les autorités belges à l’enquête sur l’assassinat de Chérubin Okende » alors qu’on entend en permanence le reproche d’ingérence de la part de la Belgique ou d’autres pays dans les affaires de la RDC. “Il y a là une profonde contradiction qui témoigne, je l’ai dit, d’un sentiment de panique et d’improvisation. Comme si M. Tshisekedi réalisait qu’il pouvait perdre le soutien extérieur qui lui restait encore”, a commenté l’avocat. L’option d’une plainte en Belgique sur base de la loi de compétence universelle telle qu’amendée est une des pistes à l’étude, car dit-il, des liens de rattachement existent qui rendent possible une action en Belgique, précise le conseil de Kalonda.

Halte à la manipulation

Entre-temps sur les réseaux sociaux, des têtes brulées s’improvisent experts du domaine. Dans cette bataille pour le contrôle de l’opinion, ces prétendus connaisseurs de droit oublient qu’il s’agit d’une vie humaine qui a été fauchée. “Ceux qui pensent se faire bonne conscience en sapant la mémoire de Chérubin Okende et tentant par des analyses biaisées à orienter la justice, seront poursuivis en justice”, a prévenu l’avocat de la famille de l’illustre disparu.

Député et cadre d’Ensemble pour la République, parti du candidat président Moïse Katumbi, Chérubin Okende a été retrouvé mort jeudi dernier à Kinshasa dans sa voiture sur l’avenue des Poids Lourds, le corps criblé de balles. Okende, 61 ans, avait démissionné de son poste de ministre des Transports en décembre dernier, en même temps que deux autres ministres proches de Moïse Katumbi. Ce dernier venait alors d’annoncer sa candidature à la présidentielle de décembre prochain et le retrait de son parti de la coalition au pouvoir.

Landry Amisi
OURAGAN / MCP, via mediacongo.net
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Il y a 950 jours
Tshilombo doit d'abord nous dire OU trouver les pains des maniocs. Il nous a dit ouvertement qu'il va bafouer le droit de l'homme et qu'il s'en fou de qui que c'est soit. Voila l'ivresse du lait. Comment un president de la republique recoit des informations comme tout le monde dans les reseaux sociaux. Quelle Bassesse?

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Les lignes commencent à bouger et tshilombo qui ne cesse de queumander le parrainage de la communauté internationale lui le fils de la bourgoisie post coloniale a la peur d'être réjété par ceux qui ont soutenu le dicateur d'ami à son père de triste mémoire

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