
Politique
Le Fatshipower, à l’instar d’autres épisodes de l’histoire politique congolaise depuis la fin de la Guerre froide, ne sera pas l’exception qui confirme la règle. À peine un an après le début de son second mandat, le président Félix Tshisekedi s’apprête à « négocier » … C’est du haut de son strapontin que le président de l’Assemblée nationale a récemment annoncé, urbi et orbi, cette intention de son boss.
Auparavant, le président de la République avait reçu une délégation conjointe de très haut niveau, représentant à la fois l’Église catholique romaine et l’Église du Christ au Congo. Les dignitaires religieux s’étaient réunis pour recueillir les avis et les considérations du premier des Congolais sur le « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC », initié par leur soin. En réalité, cette rencontre semble marquer le début de consultations avec la classe politique, amorçant ainsi un dialogue qui pourrait ouvrir la voie à un nouvel avenir pour la RDC.
Les deux instances religieuses, qui avaient exprimé des réserves quant à l’intégrité des résultats des élections de décembre 2023, se trouvaient, il n’y a pas si longtemps, en froid avec la Fatshisphère. Cependant, dans un contexte où l’unité face à l’ennemi devient cruciale, le moment semble propice pour un assainissement des relations : il s’agit de laver les linges sales en famille.
Le sommet de ce type d’initiative réside dans la capacité à trouver un compromis, permettant d’inscrire un nouveau départ politique sous de « bonnes augures ». Hélas, comme l’illustre tragiquement le parcours tumultueux des années 1990, cette quête de consensus peut rapidement se transformer en un cycle infernal allant de blocage en crise, de crise en négociation, de négociation en blocage.
En septembre 2013, dans un contexte post-électoral particulièrement tendu, exacerbé par la chute de Goma sous l’activisme du M23, Joseph Kabila, dont la réélection en novembre 2011 avait été vivement contestée par son principal opposant, Étienne Tshisekedi, convoqua les “concertations nationales”. Ce processus, marqué par le boycott de l’UDPS, se transforma en un véritable enjeu de survie politique.
Il en résulta un gouvernement qualifié de “cohésion nationale”. Ainsi, le second mandat de Joseph Kabila fut “sauvé”, même si l’ombre d’une ambition plus profonde, celle de se maintenir au pouvoir pour un nouveau mandat vierge, planait sur lui. À défaut d’atteindre cet objectif, il réussit au minimum à prolonger son mandat de deux bonnes années.
Par l’ironie de l’histoire, après la réélection en 2023 du fils du Sphinx, Félix Tshisekedi, confronté à la résurgence du même M23, pantin du Rwanda s’étant emparé de Goma, le dialogue pour l’unité nationale s’impose en recette idoine. Il apparaît loin d’être impertinent de se demander si le chef de l’État sera véritablement le maître du jeu dans ce qui devrait constituer son second (et peut-être dernier ?) mandat.
Dans ce nouveau contexte, il est peu évident que, moins d’un an après son investiture, le gouvernement Suminwa ait véritablement le cœur à l’ouvrage pour améliorer la gouvernance sous toutes ses facettes. Il est à craindre que l’intérêt général soit sacrifié sur l’autel des ambitions personnelles et des luttes de pouvoir. En effet, après un dialogue en RDC, le festin politique relègue au second plan certaines figures, y compris celles du gouvernement.
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Les acteurs politiques vont-ils s’engager dans la voie du partage du pouvoir en cas de dialogue ?. @Photo Droits tiers.