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100 jours de Donald Trump : DOGE, un outil aussi inefficace que dangereux

2025-04-30
30.04.2025
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L'action de DOGE, sous la direction d'Elon Musk, a été l'un des faits les plus marquant des 100 premiers jours de la présidence de Donald Trump. © Jose Luis Magan, AP

Instauré dès le premier jour de la présidence de Donald Trump, le DOGE, confié à Elon Musk, visait à réaliser 2 000 milliards de dollars d’économie. Cent jours plus tard, il est loin d’avoir accompli cet objectif. Mais pour le camp Trump, DOGE reste un succès idéologique majeur de ce début de mandat.

Cent jours de DOGE et puis s’en va ? Le très controversé "Département de l’efficacité gouvernementale", établi le 20 janvier 2025 au premier jour du second mandat de Donald Trump, va se retrouver orphelin… Ou presque. Elon Musk, l’homme le plus riche du monde chargé par le président américain de diriger cette entité censée débusquer des économies à la pelle, va prendre du recul.

Le patron de Tesla, du réseau social X et de SpaceX, a annoncé récemment qu’il ne consacrera plus qu’un jour ou deux par semaine à son entité de chasse aux économies fédérales américaines.

Où sont les 2 000 milliards d'économies promis ?

Sans son très médiatique patron, le DOGE ne va probablement plus peser aussi lourd politiquement. Pourtant, "il a été, aux côtés des droits de douane, la mesure politique des 100 premiers jours qui devrait avoir l'impact le plus important à long terme pour les États-Unis", estime Dafydd Townley, politologue et spécialiste des États-Unis à l’université de Portsmouth. Avant de céder le devant de la scène, l'équipe de cette star incontestée des début de la présidence Trump peut-elle prétendre avoir accompli sa mission ?

Officiellement, Elon Musk avait assuré en octobre 2024 - avant même la victoire de Donald Trump à la présidentielle et la création de DOGE - qu’il réussirait à trouver plus de 2 000 milliards de dollars d’économies en sabrant dans les dépenses. On en est loin. Le très Maga-compatible multimilliardaire avait lui-même dû revoir ses prétentions à la baisse au fil des mois. Peu après l’élection, il est passé à 1 000 milliards dollars d’économie, avant d’affirmer en avril que son objectif était d’économiser 150 milliards de dollars.

Même cette dernière affirmation semble hasardeuse. Elon Musk semble plus doué pour exhiber une tronçonneuse sur scène que pour justifier ses économies. En effet, les chiffres avancées sur le site du DOGE sont souvent "trompeurs ou exagérés", souligne Jacob Maillet, spécialiste des institutions nord-américaines et enseignant à l’université Paris-Descartes.

La BBC a ainsi passé au crible les 160 milliards de dollars d’économie avancées sur le site du DOGE ; la moitié seulement de cette somme peut être reliée à des justificatifs. Le reste semble sortir de nulle part ou presque. Certaines des plus grosses économies présentées portent sur des sommes qui n’ont pas encore été engagées ni même validées par l’exécutif. D’autres sont le résultat de ce qui peut apparaître comme des fautes de frappe. Le DOGE assure ainsi par exemple avoir économisé 8 milliards de dollars en annulant un contrat d’une valeur totale de… 8 millions de dollars.

Un département de l'inefficacité gouvernementale

D’un point de vue purement comptable, "le ‘Département de l’efficacité gouvernementale’ est totalement inefficace", résume Jacob Maillet. L’action du DOGE a "surtout été la source d’un incroyable chaos administratif et de fortes perturbations dans le bon fonctionnement de l’appareil d’État", précise René Lindstaedt, spécialiste de la politique américaine à l’université de Birmingham.

Il y a eu des face-à-face tendus entre les hommes d’Elon Musk et des employés fédéraux qui ne voulaient pas laisser ses individus sans statut officiel avoir accès aux données de l’État. Le gouvernement américain a dû faire revenir des experts nucléaires que le DOGE avait décidé de licencier pour faire des économies. Elon Musk a même admis que ses équipes avaient annulé "par erreur" des dépenses vitales, comme celles effectuées par le programme de prévention d'Ebola.

Tout cela en 100 jours. Un premier bilan qui a entraîné "consternation et colère à la fois des employés fédéraux et d'une partie de la population qui craint que certains services essentiels de l’État - éducation, aide sociale - soient moins efficaces", note Dafydd Townley. Sans compter que certaines "économies" risquaient de finir par coûter plus cher à l’État, comme la décision de licencier des dizaines d’employés dans des services travaillant à la collecte des impôts, note la radio publique NPR.

Pourtant, Donald Trump soutient mordicus l’action de DOGE. "C’est un grand succès", a affirmé le président américain dans un entretien accordé au magazine américain Time le 25 avril. Refus de voir la vérité en face ? Pas forcément.

Tour de passe-passe pour apprentis kleptocrates

Les experts interrogés par France 24 reconnaissent que le DOGE "peut être perçu comme une réussite pour Donald Trump si on regarde le DOGE autrement que comme une initiative purement économique", affirme René Lindstaedt. "C’est avant tout un outil idéologique", soutient Paolo Gerbaudo, politologue à l’Université Complutense de Madrid qui a étudié la montée des populismes et de l’influence du numérique notamment aux États-Unis.

Pour cet expert, le DOGE est une remise au goût du jour d’un "tour de passe-passe classique dans toutes les kleptocraties". Il s’agit, selon lui, de créer avec DOGE l’illusion d’un vaste puits sans fond de "fraudes et dépenses inutiles" au sein de l’État, détournant ainsi l’attention "de l’action d’une petite poignée d’individus - les Elon Musk, Jeff Bezos ou encore Mark Zuckerberg - qui accaparent une part grandissante des richesses", assure Paolo Gerbaudo.

À bien des égards, le DOGE "concrétise les idées développées par les auteurs du Project 2025", souligne Dafydd Townley. Le Project 2025 est un programme ultra-conservateur développé avant l’élection de Donald Trump pour donner un cadre idéologique au début du mandat du 47e président américain.

L’un des axes centraux de cette feuille de route politique est d’organiser "un assaut frontal contre l’administration", note Paolo Gerbaudo. L’objectif est de bouter hors de la fonction publique "tous ceux qui pourraient entraver l’action de Donald Trump", ajoute René Lindstaedt. Pour ce spécialiste, c’est précisément ce qui se passe avec une partie des licenciements décidés par les équipes de DOGE. "En se débarrassant de ce que l’administration Trump appelle les employés ‘DEI’ [diversité et inclusion], le DOGE élimine ceux qui peuvent être soupçonnés de ne pas être en accord idéologique avec Donald Trump", explique René Lindstaedt.

Super-base de données sur les citoyens américains

Le retrait d’Elon Musk pourrait suggérer que le pire est passé et que l’offensive anti-État des idéologues a été menée avec succès. Ou pas. "Je ne pense pas que le DOGE va être mis au placard car c’est un outil qui peut servir de multiples objectifs et nous n’avons pas encore suffisamment de recul pour mesurer l’ampleur de ce qui a été accompli en 100 jours", avertit Jacob Maillet.

L’un des aspects qui inquiète le plus les experts interrogés par France 24 est la collecte des données personnelles entreprise par les hommes d’Elon Musk auprès des différentes administrations infiltrées par le DOGE. "Pour beaucoup de commentateurs de la vie politique américaine, le fait qu’un organisme non-étatique fasse ainsi main basse sur les informations sensibles des citoyens américains est ce qu’il y a de plus choquant", reconnaît Dafydd Townley.

Choquant et inquiétant : "on ne sait pas si en croisant toutes ces informations, les équipes de DOGE ne pourront pas créer une super-base de données sur les citoyens américains ou même les non-citoyens qui pourraient ensuite être fournie à la fameuse agence ICE [United States Immigration and Customs Enforcement, NDLR], chargé des questions d’immigration", résume Jacob Maillet. Pour Paolo Gerbaudo, il s'agit d'un "outil dangereux de contrôle potentiel des citoyens grâce à l’accès à leur vie privée à travers ces données".

 


France 24 / MCP, via mediacongo.net
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