
Politique
Le chef militaire de l'AFC-M23 a menacé de renverser le président Tshisekedi. Cette rhétorique instaure un rapport de forces aux pourparlers de Doha.
En République démocratique du Congo, alors que le chef des rebelles de l'AFC-M23 a menacé, la semaine dernière, de renverser le pouvoir du président Félix Tshisekedi, Kinshasa répond en affirmant sa confiance dans la force de son armée nationale.
Deux semaines après que les rebelles qui occupent une partie de l'est de la RDC ont déployé sur le terrain plus de 7.000 nouvelles recrues, près de 9.000 autres auraient terminé leur formation la semaine dernière.
Mais la montée en force de la rhétorique guerrière pourrait n'être qu'une manière d'influer sur les pourparlers de paix en cours qui doivent reprendre cette semaine.
Le gouvernement répond au M23
C'est lors de la cérémonie de clôture de la formation militaire de ces nouveaux éléments, mercredi à Tchanzu, dans la province du Nord-Kivu, que le général Sultani Makenga, le chef militaire de l'AFC-M23, a annoncé la détermination de la rébellion à renverser ce qu'il a qualifié de "mauvais régime”.
Mais pour l'Union pour la démocratie et le progrès social, l'UDPS, du président Félix Tshisekedi, cette menace n'a aucun sens. Christian Lumu Lukusa est un cadre de l'UDPS.

"Le président Tshisekedi ne sera jamais renversé par des marionnettes téléguidées depuis Kigali ou d'ailleurs. Quant à leur soi-disant renforcement en effectifs, qu'ils sachent que la RDC n'est pas un terrain de jeu. Le gouvernement est prêt, nos FARDC sont prêtes, mais le peuple également est prêt. Le peuple est déterminé à mettre fin à toutes ces bêtises. Nous allons écraser cette rébellion dans peu de temps."
Pourparlers de Doha
Ces déclarations surviennent, alors que les pourparlers entre le gouvernement congolais et la rébellion de l'AFC-M23 devraient reprendre, cette semaine à Doha, au Qatar.
Yvon Muya, chercheur à l'École d'études des conflits de l'université Saint-Paul à Ottawa, au Canada, estiment que ces déclarations sont destinées à renforcer les positions de chacun à la table des négociations.
"Chaque camp continue de se positionner stratégiquement, explique-t-il, parfois en affûtant ses armes au sens propre, comme au figuré. On le voit avec ce genre de déclarations. Il faut aussi y voir une forme de surenchère verbale qui est fréquente dans les processus de paix menés dans un contexte militaire actif. Ce qui est le cas aujourd'hui, car, on le voit, les affrontements se poursuivent. Les protagonistes vont souvent chercher à renforcer leur position à la table des négociations."
Risque de statu quo
Ces négociations restent pourtant au point-mort, alors que le rapport de force semble s'équilibrer sur la ligne de front, selon Henri-Pacifique Mayala, chercheur à l'Institut Ebuteli et coordonnateur du Baromètre sécuritaire du Kivu.
"Je pencherai beaucoup plus pour le statu quo face à l'échec des pourparlers qui s'observe de part et d'autre. La logique militaire n'ayant jamais été écartée dans la stratégie des deux antagonistes à ce conflit, je pencherai plus vers un prolongement de l'actuel statu quo que d'envisager un éventuel renversement des rapports de force sur le terrain ou des progrès au-delà des zones qui sont déjà contrôlées par la rébellion du M23."
Les rebelles soutenus par le Rwanda occupent les villes de Goma et de Bukavu, respectivement chefs-lieux des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dont plusieurs localités sont également sous leur contrôle.
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Corneille Nangaa, Coordonnateur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC)