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Politique

RDC-Rwanda : pourquoi Julien Paluku Kahongya met en garde contre la dérive communautaire

2025-11-18
18.11.2025
2025-11-18
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Dans une région des Grands Lacs régulièrement secouée par les guerres, les déplacements de populations et les rivalités transfrontalières, l’ethnicisation de la politique demeure un marqueur persistant. Pour le chercheur en sciences politiques, Julien Paluku Kahongya, par ailleurs ministre congolais du Commerce extérieur et ancien gouverneur du Nord-Kivu (2007-2019), cette mécanique n’est pas seulement un héritage historique : elle constitue encore aujourd’hui un outil de puissance, instrumentalisé par Kigali pour peser sur les dynamiques régionales.

Dans sa tribune du 16 novembre 2025, cet aguerri de la territoriale appelle à refuser ce qu’il décrit comme « le piège de la manipulation des fibres ethniques », un levier qui, selon lui, a toujours structuré la stratégie du Rwanda.

Julien Paluku commence par revisiter l’histoire tourmentée du Rwanda, convaincu que l’origine des tensions actuelles se trouve dans cette succession de dominations et de frustrations communautaires.

Avant 1959, rappelle-t-il, une monarchie tutsi solidement installée dirigeait le pays, jusqu’au règne du roi Kigeli V. Mais le 1er novembre 1959 marque un basculement : les Hutu se soulèvent, renversent la monarchie et déclenchent des massacres à grande échelle contre les Tutsi. L’épisode restera dans l’histoire sous le nom de « Toussaint rwandaise ».

Pour l’ancien gouverneur de la province du Nord-Kivu, ce tournant n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une politique coloniale ayant figé artificiellement les identités en inscrivant les mentions « Hutu » et « Tutsi » sur les cartes d’identité. Cette essentialisation administrative, qui rigidifie les appartenances, alimente durablement des lignes de fracture profondes.

En 1959, Grégoire Kayibanda, hutu, accède au pouvoir et impose un système fondé sur l’exclusion des Tutsi. Craignant les représailles, ces derniers fuient massivement vers l’Ouganda, la Tanzanie, le Burundi ou le Zaïre. Mais en 1973, Kayibanda est renversé par son ministre de la Défense, le général Juvénal Habyarimana, officiellement pour ramener l’ordre.

En réalité, la rivalité latente entre élites du Nord et du Sud nourrit également ce changement brutal de régime.

La décennie suivante voit émerger le Front patriotique rwandais (FPR), constitué des Tutsi exilés, dont Paul Kagame, alors officier de renseignement en Ouganda.

Leur offensive de 1990 ouvre une nouvelle page de l’histoire. Malgré les accords d’Arusha, pensés pour instaurer un partage équilibré du pouvoir, l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion des présidents Habyarimana et Ntaryamira déclenche le génocide contre les Tutsi.

Le FPR prend finalement Kigali, met fin aux massacres et reconfigure l’architecture politique du pays. Pasteur Bizimungu est placé à la présidence, mais Kagame, stratège du mouvement, s’impose rapidement comme l’homme fort avant d’accéder officiellement à la tête de l’État en 2000.

Pour Julien Paluku, cette trajectoire historique explique la persistance au Rwanda d’une lecture strictement ethnique de la politique, structurée autour de trois groupes : Hutu (84 %), Tutsi (15 %) et Twa (1 %).

Les accords d’Arusha eux-mêmes prévoyaient une répartition du pouvoir et des forces armées sur base de quotas ethniques, preuve à ses yeux de la centralité de ce paramètre.

Mais c’est la transposition de cette logique au Congo qui inquiète le ministre. Il accuse Kigali d’encourager certains Congolais à réclamer des quotas au sein de l’armée, de l’administration et des institutions politiques, comme si la RDC fonctionnait sur un modèle binaire comparable à celui du Rwanda.

Une lecture totalement inadaptée, selon lui, dans un pays qui compte plus de 400 groupes ethniques. « La représentation ethnique n’a jamais été une recette en RDC », insiste Paluku.

Il rappelle qu’au cours des dernières décennies, plusieurs personnalités tutsi congolaises ont été élues sans appui extérieur, démontrant que l’appartenance communautaire n’est pas un handicap politique.

À ses yeux, l’argument avancé par Kigali selon lequel le M23 serait le produit d’une « frustration des Tutsi congolais » relève d’un récit stratégique visant à ethniquer le conflit pour mieux brouiller les responsabilités.

Il s’interroge : « De qui parle-t-on exactement ? Et que devient la myriade d’autres combattants qui composent le M23 version AFC ? »

Pour Paluku, céder à cette lecture serait se laisser enfermer dans une narration construite à Kigali.

Il rappelle avec insistance sa célèbre citation selon laquelle : « Il n’existe pas de communauté de criminels, mais des criminels dans chaque communauté ».

Une manière de dénoncer l’amalgame systématique entre actes individuels et identité collective.

Dans sa conclusion, le ministre de commerce extérieur exhorte la classe politique congolaise, mais aussi les partenaires internationaux, à refuser toute ethnicisation du conflit à l’Est. Car pour lui, derrière ce discours identitaire se dessine une stratégie régionale précise : affaiblir la cohésion congolaise et maintenir un rapport de force favorable au Rwanda.

Un avertissement de plus dans une région où l’histoire a souvent prouvé que les tensions identitaires, une fois instrumentalisées, deviennent des armes politiques redoutables


Actu30 / MCP , via mediacongo.net
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Il y a 168 jours
(Suite, )Museveni va les aider à rentrer dans leur pays. Entretemps le problème démographique est devenu important, suite à la doctrine catholique contre l'avortement. Sans entrer dans les détails le conflit. Voilà le cadre, l'origine des conflits. S'il n'y avait pas eu le génocide. Les Rwandais seraient venus en RDC avant, comme les burundais. Pour le reste les conflits ont dans les clans tribù entre tribù ont toujours existaient. N'est pas une invention de Paul Kagame. Mais non devons comprendre une 2ème chose. À Kisangani les Rwandais et les Ougandais s'étaient tirés dessus, voir même en conflits frontaliers entre eux. Personne des 2 pays à une infiltration de son armée ils font la guerre point barre. En RDC, nous avons crier à l'infiltration des FARDC pour expliqué le refus de Tshilombo d'envoyer les FARDC aux fronts de guerre.

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Il y a 168 jours
(Suite) Au Rwanda et Burundi sont les Rois, donc Tutsi qui vont gouverner ensemble ces pays. En effet le Roi était toujours d'extraction Tutsi. A partir de 1950 , que les disputes entre ces partenaires. En 1955 le vice-gouverneur JP Harroy et Mgr Perraudin vont changer officiellement le camp. Ils vont appuyer les Tutsi. En effet, après la guerre mondiale, il y'aura un vent qui commence, une voix =un homme. En RDC nous allons entrer à la période pré indépendance. Non pour la démocratie, mais chasser les colonisateurs. Pour nous, c'était le belge, ou l'homme blanc. Le chasser du pouvoir et diriger à sa place. Au Rwanda, sont les Tutsi seront pourchassé comme colonisateurs. Les Rois des deux pays vont demander à l'Onu, pour le départ des Belges. Les français et les belges vont enfoncé le clou en faveur des Hutu. Les Tutsi qui vont en Ouganda vont aidé le rebelle Museveni à prendre le pouvoir. Museveni pour les remercier va les intérêts dans l'administration. Kagame par exemple chef de sécurité eecc. Bien sûr la majorité Ougandaise du pouvoir de Museveni s'y oppose, jusqu'au conflit. Museveni va les aider à rentrer dans leur pays. Entretemps le problème...

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Il y a 168 jours
Voilà la foutaiserie de l'intelligentsia congolaise. Incapable d'etre positif dans l'intérêt du pays. Tenez. La RDC a l'uranium. Avec son uranium, les cités japonaises étaient complètement rasées, Hiroshima et Nagasaki. Donc les hommes des sciences avaient pris l'uranium pour en faire une bombe. Le même uranium aujourd'hui est utilisé pour produire l'énergie dans les grandes villes et industries. Maintenant pour la survie de l'humanité, qui est le bon scientifique. Celui qui fabrique la bombe de Hiroshima ou celui qui fait le central nucléaire ? De même ce monsieur Paluku raconte des faits réels mais vers une autre direction, la manipulation. En effet. La première base de compréhension c'est l'antagonisme universel entre un éleveur et un agriculteur. Hache contre lance. Au Rwanda et Burundi, la royauté était Tutsi. Mais le peuple vivait dans l'harmonie, Tutsi, Hutu, Batwa. Bien sûr le Roi étant Tutsi, beaucoup des cadres l'étaient aussi. Le Rwanda, Burundi, et le Congo belge, étaient dirigés par 3 forces, le gouverneur, le vicaire apostolique. Qui à leurs tours s'appuyaient sur les chefs indigènes. Au Rwanda et Burundi sont leurs Rois, c'est à dire...

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