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Le missile russe « Orechnik est difficile à intercepter, mais ce n’est pas une arme magique »

2026-01-09
09.01.2026
2026-01-09
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En tirant un missile balistique Orechnik vers l’ouest de l’Ukraine, non loin de la frontière polonaise, la Russie adresse un signal stratégique aux Européens. Mais quelle est la dangerosité de ce missile hypersonique de nouvelle génération ? Entretien avec Étienne Marcuz, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique et spécialiste de la dissuasion.

RFI : Pourquoi la Russie a-t-elle procédé à ce tir selon vous et pourquoi avoir visé précisément cette région de l’ouest de l’Ukraine ?

Étienne Marcuz : A priori, il s’agit avant tout d’un message stratégique adressé aux pays occidentaux. La Russie dispose déjà d’autres moyens pour frapper l’ensemble du territoire ukrainien, même si l’Orechnik a une meilleure capacité à traverser les défenses adverses. C’est un missile beaucoup plus cher que, par exemple, les drones dérivés des Shahed iraniens ou même que les missiles de croisière. Il a en outre une portée très importante, qui va bien au-delà du territoire ukrainien. Enfin, le tir a été effectué vers l’ouest de l’Ukraine, non loin de la frontière polonaise. À mes yeux, il s’agit donc avant tout d’un message destiné aux Européens, pour leur signaler que la Russie est capable de les attaquer avec un missile qui est, il faut le reconnaître, difficile à intercepter avec les moyens actuellement disponibles.

Pourquoi la Russie a-t-elle choisi d’envoyer ce message aujourd’hui ? Est-ce lié à la réunion de la Coalition des volontaires cette semaine à Paris ?

Il faut probablement voir un lien avec cette réunion, et avec le fait que la France n’exclut pas l’envoi de troupes en Ukraine. Il a été question de plusieurs milliers de soldats français qui pourraient être déployés comme garanties de sécurité. Il y a donc avant tout un besoin de faire passer un message pour dissuader les Européens d’aller plus loin. Ce tir intervient clairement dans la foulée de cette réunion. Il ne faut toutefois pas le surinterpréter : l’Orechnik n’est pas une arme magique et cela ne fera très probablement pas reculer les Européens.

Peut-on aussi y voir une réponse indirecte à ce qu’a fait Donald Trump au Venezuela ? Les États-Unis font ce qu’ils veulent sur le continent américain, la Russie montre de son côté qu’elle fait ce qu’elle veut en Europe ?

Je ne le pense pas, car la situation est complètement différente. Le régime vénézuélien ne pouvait strictement rien faire face aux États-Unis, tant le différentiel de puissance est énorme. En revanche, le différentiel de puissance militaire entre la Russie et l’Europe est beaucoup moins marqué. Dans les faits, ce sont des puissances relativement équivalentes. Numériquement, l’Europe est même plus puissante, mais elle est désunie, tandis que la Russie est un peu moins puissante numériquement, mais dispose d’un commandement unique. Le parallèle avec ce qui s’est passé entre les États-Unis et le Venezuela n’est donc, à mon sens, pas pertinent.

En quoi l’Orechnik est une arme particulièrement dangereuse pour les Européens ?

Ce n’est pas une arme particulièrement dangereuse au sens classique du terme. Elle est relativement peu précise et ne provoque pas de destructions majeures. Il s’agit avant tout de projectiles sans charge explosive, qui ne causent des dégâts que par effet cinétique : c’est sa vitesse, plusieurs fois supérieure à celle du son, qui libère de l’énergie à l’impact. Par ailleurs, ces projectiles ne sont pas guidés et ne peuvent viser que de très larges zones, comme des bases aériennes ou des sites industriels. Militairement, ses effets sont donc limités.

En revanche, son impact psychologique est majeur. Elle donne à la Russie une capacité de frappe en profondeur sur le territoire européen, sur de vastes zones qu’il serait impossible de défendre efficacement. Cela pourrait servir à mener des campagnes de déstabilisation en frappant régulièrement des sites industriels, comme des usines d’armement ou des raffineries. Les dégâts matériels seraient limités, mais la production pourrait être paralysée, car il faudrait mettre les ouvriers à l’abri, interrompre l’activité, etc. L’impact serait donc surtout psychologique et économique, bien plus que militaire.

La Russie affirme que cette arme est redoutable parce qu’elle est trop rapide pour être interceptée. Est-ce exact ?

Oui. En pratique, nous disposons de très peu de moyens pour intercepter un tel missile. A priori, seul le nouveau système Arrow 3, récemment acheté par l’Allemagne à Israël, pourrait être capable d’intercepter l’Orechnik dans sa phase exo-atmosphérique, c’est-à-dire en dehors de l’atmosphère. Une fois que le projectile est entré dans l’atmosphère, il n’existe théoriquement aucun moyen de l’intercepter avec les systèmes actuellement disponibles. En ce sens, c’est effectivement une arme contre laquelle il est très difficile de se défendre. Il faut toutefois relativiser : c’est aussi une arme extrêmement chère. La Russie n’en possède probablement qu’un nombre très limité et ne pourra donc pas mener de campagnes massives contre l’Europe avec ce type de missile.

C’est aussi une arme qui est censée pouvoir emporter des charges nucléaires, même si cela n’a pas été le cas, heureusement, jusqu’à présent !

Tout à fait. Mais c’est justement là que réside la nouveauté la plus intéressante. La Russie dispose depuis des décennies de missiles balistiques à charge nucléaire en très grand nombre. Mais ce sont des armes qu’elle ne peut pas utiliser, car le tabou nucléaire reste extrêmement fort : ce sont, en quelque sorte, des armes de non-emploi.

L’Orechnik change la donne parce qu’il est équipé d’une charge conventionnelle, c’est-à-dire de projectiles cinétiques. Cela permet au régime russe d’utiliser des missiles balistiques sans franchir le seuil nucléaire. Or, aujourd’hui, en Europe, nous ne disposons pas de missiles balistiques à charge conventionnelle. Les missiles français, par exemple, sont uniquement nucléaires. Mais cela pourrait évoluer dans les prochaines années, car la France développe notamment un missile balistique terrestre, le MBT, qui serait en quelque sorte un équivalent de l’Orechnik et permettrait de répondre de manière symétrique si la Russie utilisait ce type de missiles contre l’Europe de l’Ouest.

En résumé, faut-il s’inquiéter ?

C’est un missile complexe, mais il n’est pas particulièrement innovant, et des réponses commencent déjà à être développées. Il est donc inquiétant, mais pas au point de parler d’un bouleversement stratégique majeur.

 


RFI / MCP, via mediacongo.net
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