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L’Ethiopie entre dans une zone de turbulences: 400 morts depuis novembre

2016-08-10
10.08.2016 , Addis-Abeba, Ethiopie
2016-08-10
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http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2016_actu/aout/du_08_au_14/ethiopie_manifestations_16_0001.jpg Addis-Abeba, Ethiopie-

Des manifestants éthiopiens

Une centaine de morts en deux jours: le bilan des manifestations qui ont eu lieu en Ethiopie s’alourdit sans cesse. Amnesty International assure que, les 6 et 7 août, les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles sur les manifestants dans deux régions du pays, celle peuplée par le s Amharas au Nord et celle peuplée par les Oromos au centre et à l’ouest.

Des rassemblements ont eu lieu samedi dans l’ensemble de la région Oromo ainsi que dans la capitale Addis Abeba, généralement épargnée par les manifestations. Il s’agit de la troisième vague de mécontentement depuis novembre dernier. Elles auraient déjà fait plus de 400 morts et sont le signe du profond malaise qui secoue ce pays de 85 millions d’habitants, considéré par les Occidentaux comme un allié important dans la région et cité en exemple pour son développement économique spectaculaire.

A première vue, ce développement serait l’une des causes de la crise actuelle: les Oromos, qui représentent un tiers de la population éthiopienne, estiment qu’ils ont été exclus des bénéfices de la croissance et que, comme les Amharas, le groupe ethnique dominant dans la capitale, ils sont marginalisés par rapport aux Tigréens, d’où est issu le parti au pouvoir, le TPLF (Front populaire pour la libération du Tigré). En plus des griefs économiques, ils dénoncent en particuilier le fait que leur langue nationale, parlée par plus de 40 millions de locuteurs ait été officiellement bannie des langues nationales ; C’est en novembre 2015 que commencèrent les premières manifestations, lorsque les autorités décidèrent d’étendre les limites de la capitale Addis Abeba jusqu’en territoire Oromo. Les expropriations massives, la réaffectation des terres agricoles provoquèrent une vague de mécontentement.

Issu de la province du Tigré, représentant 6% de la population, le TPLF, qui gouverne d’une main de fer, est l’expression d’un groupe minoritaire qui avait mené la guerre contre le régime militaire du colonel Mengistu Hailé Mariam, avec, à l’époque, le soutien du FPLE (Front populaire pour la libération de l’Erythrée, un mouvement plus ancien qui avait été son mentor). Après la défaite de la dictature communiste de Mengistu en mai 1991, le TPLF, accédant au pouvoir, avait accepté l’indépendance de l’Erythrée: une décision qui ne fut jamais réellement acceptée par les Amharas, majoritaires à Addis Abeba.

Peuple marginalisé

Le bon voisinage entre Erythréens et Tigréens ne dura guère et, en 1998, un litige frontalier entraîna une guerre meurtrière entre l’Ethiopie et la jeune Erythrée, désormais frères ennemis. Depuis lors, Asmara, la capitale de l’Erythrée, accueille des opposants éthiopiens, dont Dawad Ibsa, le président du Front de libération des Oromos.

Ce dernier, en mai dernier, nous avait expliqué que, «du temps de l’empereur Menelik (fondateur de l’Ethiopie actuelle) les terres des provinces du sud (Oromo, Gambela, Sidamo) avaient été données aux seigneurs de guerre abyssins venus des haut plateaux. Depuis lors, les Oromos, le plus important groupe ethnique du pays, se sont toujours sentis marginalisés. Leur langue a été interdite voici vingt ans et aujourd’hui 250.000 paysans ont été expropriés sans compensation… »

Les revendications historiques des Oromos se greffent sur un malaise plus général, du à l’absence de libertés publiques et à la centralisation du pouvoir. L’Ethiopie, où une dizaine de journalistes se trouvent en prison, est considérée comme l’un des pays les plus répressifs en matière de liberté de la presse et le parti au pouvoir contrôle totalement le Parlement. !

Malgré la zone de turbulences dans laquelle est entré le régime, les autorités d’Addis Abeba semblent tenir le pouvoir bien en mains, principalement grâce à l’appui des étrangers. En effet, dans cette région sensible et qui fait face au Golfe persique, l’Ethiopie représente un allié majeur pour les Etats-Unis , et est considéré comme un pôle de stabilité régionale. Lors des dernières manifestations, dénonçant des soutiens étrangers voire des manœuvres de déstabilisation, les autorités avaient même coupé l’accès à Internet.et t empêché l’accès aux réseaux sociaux. D’après le spécialiste René Lefort, il est clair que le pays, l’un des plus vastes et des plus peuplés d’Afrique est entré dans « une zone de turbulences » . Les risques de déstabilisation de l’Ethiopie,un pays autoritaire et centralisé, dirigé par un groupe minoritaire sur le plan ethnique, sont d’autant plus préoccupants que ce pays, l’un des plus vastes et des plus peuplés d’Afrique,se trouve en face des pétromonarchies du Golfe persique et jouxte l’instable Soudan…


Le Carnet de C. Braeckman / MCN
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