
Economie
Premier producteur de la denrée alimentaire dans le pays, le Nord-Kivu n’a plus renouvelé son programme des variétés depuis les années 1980. Aujourd’hui, un problème sérieux se pose pour accéder à des semences de bonne qualité et surtout à un coût abordable.
Fatigués de s’approvisionner à des coûts exorbitants auprès des coopératives multiplicatrices et agriculteurs privés du Rwanda et de l’Ouganda, les agriculteurs de la pomme de terre du Nord-Kivu appellent à une prise de conscience nationale. La question est d’autant plus préoccupante qu’ils doivent faire face à des tracasseries policières et au risque de perte des semences à la frontière, alors que la loi agricole et son arrêté interministériel d’application réglemente déjà l’importation et l’exportation des intrants agricoles.
Le débat actuel ne concerne pas que le risque de disparition de la pomme de terre. C’est tout l’avenir du secteur agricole qui se joue désormais dans les futures politiques agricoles du pays. Une telle faiblesse est d’abord le fruit de l’incapacité de l’Inera (Institut national d’étude et de recherche) et des centres d’adaptation pour la production des semences améliorées de rendre disponibles des semences de qualité aux agriculteurs du coin. Même si des voix s’élèvent pour rappeler la distance géographique énorme entre le Nord-Kivu et les deux principales sources de production des semences de base du pays, il y a tout de même un faible appui et accompagnement public préjudiciable aux producteurs agricoles.
Par le passé, ce déficit de relation a conduit à la création de la Fédération des organisations des producteurs agricoles du Nord-Kivu. Cette dernière a mis en place un programme d’appui-conseil pour accompagner les coopératives du Masisi dans leur structuration en sociétés coopératives. L’idée était de les aider à développer un système de valorisation des semences améliorées localement. Pour les mettre à niveau, il a fallu passer par des apprentissages, des voyages d’échanges et même l’amélioration des conditions de stockage et de conditionnement des semences de la pomme de terre.
Sauver l'agriculture en danger
Aujourd’hui, il y a un appel pressant des organisations paysannes pour sauver l’agriculture en danger. Les producteurs agricoles éprouvent de plus en plus de difficultés à s’approvisionner en semences de bonne qualité dans le Nord-Kivu et même ailleurs. L’on s’imagine la situation dans d’autres provinces du pays qui ont fini par perdre leur vocation agricole au fil des années, faute de matières premières de qualité. Cela concerne aussi bien la pomme de terre que le maïs, le riz, le haricot, le soja… Et la distance ne facilite pas non plus la tâche aux petits agriculteurs du Nord-Kivu qui ne peuvent s’approvisionner régulièrement sans exploser leurs budgets. Et même s’ils le font, ils ne disposent pas des infrastructures nécessaires pour assurer la bonne conservation des semences, sans compter l’absence de structuration des producteurs semenciers dans les sites agricoles.
Cette situation va continuer à profiter aux pays voisins exportateurs des semences. Ceux-ci continueront à déverser leurs produits à des coûts onéreux et sans possibilité de contrôle pour les services congolais. Plusieurs témoignages font état d’une baisse de la production du haricot et du maïs dans certaines localités du Nord-Kivu, faute de bonnes semences.
Bien au-delà du seul Kivu, il est temps que le pays réfléchisse plus sérieusement sur les recherches à réaliser pour produire des semences qui s’adaptent aux différentes zones de production du vaste territoire national. Il y va de la réussite du projet d’autosuffisance alimentaire. Par ailleurs, un appui à la vulgarisation des semences et un transfert des acquis à la base représente également d’autres défis de taille pour la RDC au cours des prochaines années.
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