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Élections, meurtres des experts de l’ONU… Ce qu’il faut retenir de la réunion sur la RDC à l’ONU

Élections, meurtres des experts de l’ONU… Ce qu’il faut retenir de la réunion sur la RDC à l’ONU 2018-02-14
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Une réunion du Conseil de sécurité des nations unies a suscité un vif débat ce lundi entre les représentants congolais et ceux de plusieurs pays, dont les États-Unis. Au menu : le processus électoral en RDC. Mais pas seulement.

Une rencontre informelle avec des échanges francs et directs. C’est à cela que l’on pouvait s’attendre, le lundi 12 février, à New-York, lorsque la problématique du processus électoral en RDC a été inscrite à l’ordre du jour de la réunion en « formule Arria » du Conseil de sécurité. Et l’on n’a pas été déçu. En témoigne la mise au point musclée de Nikki Haley, représentante permanente des États-Unis auprès des Nations unies, à l’endroit de la délégation gouvernementale congolaise.

La claque de Nikki Haley

C’est sûrement le moment le plus intense des discussions. Après les exposés des participants, l’ambassadrice américaine Nikki Haley, qui présidait la séance, reprend la parole pour clore les débats. Mais l’intervention quelques minutes plus tôt de Léonard She Okitundu, chef de la diplomatie congolaise, lui est restée en travers de la gorge. Sa réplique sera cinglante. Une claque !

« Au lieu de vous offusquer par des commentaires négatifs sur la RDC, nous apprécierons que vous preniez des actions concrètes pour assurer le peuple [congolais] et que vous travailliez avec la Ceni [Commission électorale nationale indépendante] et des partenaires régionaux pour avoir des élections libres et transparentes », a lancé Nikki Haley, appelant le gouvernement congolais à « ne pas hurler sur des évêques » ou « blâmer tout le monde » mais à « comprendre qu’il est responsable des souffrances de la population ».

She Okitundu s’était pourtant évertué à rassurer tout le monde, en « [réaffirmant] l’engagement résolu du gouvernement de la RDC d’organiser les élections, conformément au calendrier électoral de la Ceni publié depuis le 5 novembre 2017 ». Visiblement sans convaincre les États-Unis.

La liste remise à Kabila comprend des « informations pour l’enquête »

Il en est de même de son argumentaire sur la volonté de Kinshasa de traquer ceux qui violent les droits fondamentaux et qui commettent des tueries en RDC. « La poursuite des procès des terroristes Kamuina Nsapu qui se sont rendus coupables de plusieurs assassinats à Kinshasa et au Kasaï [centre du pays], notamment le meurtre des deux experts des Nations unies, s’inscrit, selon le vice-Premier ministre congolais des Affaires étrangères, dans cet effort de sanctionner toute atteinte à la vie, quel qu’en soit son auteur. »

Veuillez demander à M. Kabila ce qu’il a fait de [ma] liste

Mais ce ne serait que de la poudre aux yeux, selon Nikki Haley qui a exhorté She Okitundu à « demander à M. Kabila ce qu’il a fait de la liste » liée au meurtre des deux experts onusiens au Kasaï qu’elle lui avait remise lors de leur tête-à-tête fin octobre à Kinshasa.

Dans l’entourage du chef de l’État congolais personne n’a été à mesure, pour l’instant, de nous dire ce qu’il est advenu de cette « liste », piste apparemment « sérieuse » pour les États-Unis dont un ressortissant, Michael Sharp, faisait partie de deux experts tués dans le centre de la RDC. « Aucune mesure n’a été prise », a déploré Nikki Haley.

Contactée, une source au sein du département d’État américain a insisté aussi sur la nécessité de « rendre justice » dans cette affaire, sans en dire davantage sur le contenu de la « liste » de Nikki Haley. « Il s’agit d’informations pour l’enquête », a-t-elle simplement confirmé à Jeune Afrique.

Le coup de gueule de She Okitundu
De son côté, She Okitundu n’a pas digéré les critiques acerbes de Ida Sawyer, sur le régime de Joseph Kabila. Un pouvoir qui, selon la directrice pour l’Afrique centrale de Human Rights Watch, mène une « campagne brutale » à l’encontre « de tous ceux qui s’expriment en faveur de la démocratie et des droits fondamentaux » dans le but de « maintenir un homme au pouvoir en violation de la Constitution du pays ».

 
Suffisant pour faire sortir le chef de la diplomatie congolaise de ses neuf pages d’exposé. Voix tremblante et en colère, She Okitundu a qualifié de « réquisitoire complètement péremptoire » les propos de Ida Sawyer.

« Arrêtez d’accuser le président Kabila [de vouloir] se maintenir au pouvoir : on n’attend du chef de l’État de faire des déclarations sur son avenir, on attend de lui de respecter la Constitution et de se conformer au calendrier publié par la Commission électorale », a-t-il déclaré.

Quid du processus électoral et de la machine à voter ?

Invité à prendre la parole devant les membres du Conseil de sécurité, Corneille Nangaa, président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), est quant-à lui essentiellement revenu sur « les progrès et autres avancées enregistrés dans le processus électoral en RDC ». Il a notamment évoqué les 46 021 454 électeurs inscrits sur les listes électorales à l’issue de l’enrôlement et la publication du calendrier électoral, lequel fixe la présidentielle au 23 décembre.


Mais certains de partenaires internationaux, ainsi que des voix au sein de l’opposition en RDC, ont émis des doutes sur la fiabilité du fichier électoral en cours de constitution, exigeant plus de transparence dans l’opération à venir de nettoyage des doublons.

Autre élément qui suscite des réserves : le recours aux machines à voter. Cette option, a soutenu Corneille Nangaa, « permet de réduire le poids de l’ensemble de matériel à déployer : de 16 000 tonnes à moins de 8 000 tonnes ».

« Le coût de trois scrutins du 23 décembre était initialement évalué à 554 925 751 dollars. Il est ramené aujourd’hui à 432 642 693 dollars, réduction obtenue grâce à l’option prise par la Ceni de recourir à un dispositif d’impression in situ de bulletin de vote par chaque électeur, avant de le glisser dans l’urne », a argué le président de la Ceni pour justifier le recours à la machine à voter.

Si le groupe africain a une fois de plus essayé de faire bloc derrière la RDC, notamment en soutenant la position de la Ceni, les États-Unis ont clairement souhaité que « l’option machine à voter » soit abandonnée. Avis plus nuancé de la part des Pays-Bas qui ont exigé des « tests rigoureux » de ce dispositif technique avant les scrutins.

La décrispation politique, un dialogue de sourds 

La France a quant-à elle insisté sur « les deux clés » pour la réussite du processus électoral en cours en RDC : « La confiance fondée notamment sur la transparence dans l’organisation des élections » et « le climat électoral ». Celle-ci implique, selon l’ambassadeur François Delattre, « le retour à l’esprit du consensus dans la mise en oeuvre pleine et entière de l’accord de la Saint-Sylvestre ».

« Pour que les résultats de ces élections soient acceptés par tous, il est essentiel en effet qu’elles puissent se tenir dans un climat ouvert et apaisé où tous les candidats puissent se déclarer et faire campagne librement et sans craindre des représailles », a précisé le diplomate français, insistant sur l’adoption des mesures de décrispation politique en RDC telles que prévues par le compromis politique du 31 décembre.

Kinshasa sera-t-elle prête, par exemple, à résoudre le cas de Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle mais contraint à l’exil depuis près de deux ans ? On en est encore loin, à en croire les propos de She Okitundu. Le chef de la diplomatie congolaise n’a pas hésité à qualifier de « réflexe pavlovien » l’insistance de certains partenaires internationaux dans le dossier relatif à la décrispation politique en RDC. « Cependant, des discussions sont en cours entre le CNSA, le ministre de la Justice et la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) pour trouver des solutions à certains cas », a-t-il conclu.


Jeune Afrique / MCN, via mediacongo.net
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10 commentaire(s)
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Musa - 15.02.2018 05:54

Communaute' internationale, vous etes en train de passer votre temps pour rien pour les elections en RD Congo. Joseph Kabila n'organisera pas des elections puisque la constitution et l'accord du Saint Sylvestre ne l'authorise pas de se presnter aux elections presidentielle. Joseph Kabila multiplies des strategies pour faire le REFERENDUM ou un 3eme DIALOGUE pour changer la Constitution cela va lui faciliter de se maintenir au pouvoir a VIE. Il y a des rumeures qui circulent sur toute l'etendue du pays meme dans de reseau sociaux que Kabila n'a pas l'inttention de quitter le pouvoir. Pourquoi prend pas courage d'annoncer qu'il ne va pas se presenter aux elections presidentielle et cela...

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Lufualuandonga - 14.02.2018 15:45

Nous peuples Congolais, sommes déterminés de chasser les envahisseurs de notre nation! Elections oui mais des bonnes et non des mauvaises où le gagnant est connu d'avance! surtout voulons une bonne alternance sans les membres de l'actuel MP! car personne alors personnes n'aura le 10% des voix aux futures élections. Et pour cette raison ils cherchent à trainer les pieds pour s'éloigner davantage du processus en collaborations avec la CENI Médiocre.

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Kimamba/Kalenge - 14.02.2018 13:39

Même Naanga, locataire avant ce poste , propriètaire aujourd'hui,a appris à mentir en temps record.Avec sa machine à tricher, il y a anguille sous roche.Pourquoi Naanga refuse que les experts de l'Onu ou de la francophonie fassent une contre expertise de cette machine.

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Evangéliste Robert KIKIDI - 14.02.2018 11:57

HALTE A LA VIOLENCE LE 25 FEVRIER 2018 Ce mois est décrété comme le mois de l'amour providentiel et indéfectible de DIEU pour son PEUPLE de la RDC. L'ONG Panafricaine AFRIQUE-SANTE, asbl et l'Union des Intellectuels Lumumbistes PAR LE BIAIS DE leur Président Evangéliste Prof. Dr Robert KIKIDI MBOSO KAMA, dit NON ET NON à l'affrontement et la violence d'où qu'ils viennent LE 25 FEVRIER2018

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Past DSK - 14.02.2018 11:44

Le Conseil de sécurité n'est pas là pour nous placer devant la bar. Son importance serait de mettre en place des stratégies pour éviter les guerres en répétition à l'Est du pays; ce qui pourrait être un prétexte de report des élections une fois que la guerre reprenait à la veille des élections au lieu de passer leur temps à des futilités.

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Emma - 14.02.2018 11:11

la presse écrité adoucit, sur vidéo Shé voix tremblante, il allait suffoquer, le ministre a été touché de plein fouet sur le système, le même effet d'un marteau ou burin piqueur qui vous sonne dans la t^te.

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Makila ya Peuple - 14.02.2018 11:04

Et cette bêtise des vaches Monsieur le garant de la nation qu'en dites vous????

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Makila ya Peuple - 14.02.2018 10:55

Au Congo il ne nous reste qu'à demander aux tenants du pouvoir d'agir en humain et de faire preuve de l'amour du prochain si réellement ils reconnaissent l'existence de Dieu. Comment pouvez-vous accepter qu'au moment où vous vous reposez sur les lauriers pleins des billets de banque du moment où vos gouvernés croupissent dans la poussière de la misère? Soyons humains et sachez que le bien mal acquis ne profite toujours à rien!!!

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zemira - 14.02.2018 10:43

Il faut accentuer la pression pour que la vérité éclate dans cette affaire dans laquelle la responsabilité du pouvoir actuel est fortement engagée. Et le contraindre à dégager réellement en décembre 2018. En attendant, ce même pouvoir crée des nouvelles tensions en installant illégalement des hommes armés sous le couvert des éleveurs tutsis dans l'ex-province du Bandundu.

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Kabarebe - 14.02.2018 09:45

Nous attendons qu'ils prennent des mesures fermescontre Mr. Kabila et ses proches afin de les contraindre de quitter le pouvoir.

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