Recherche
  Home Actualités Petites annonces Offres d’emploi Appels d’offres Publireportages C'est vous qui le dites Medias & tendances Immobilier Recherche Contact



Infos congo - Actualités Congo - Ecobank_30012026
mediacongo
Retour

Politique

Presidentielle 2018 : quel fut le rôle de la CPI  ?

2018-08-21
21.08.2018
2018-08-21
Ajouter aux favoris
http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2018_actu/08-aout/20-26/felix_shadary_bemba_18_0121.jpg -

Magaye Gaye, économiste, ancien membre de la Banque ouest-africaine de développement (Boad) et du Fagace (Fonds africain de garantie et de coopération économique) et président du parti sénégalais La troisième voie.

Les élections présidentielles en République démocratique du Congo se profilent à l’horizon, précisément prévues en décembre 2018. Contre toute attente et malgré une condamnation en première instance à 18 ans de prison en 2016 et des charges de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, un des farouches adversaires du président Kabila en l’occurrence Jean-Pierre Bemba a été acquitté par la CPI.

Quel rôle pour la CPI  ?

Le contexte d’une telle libération marqué par les réticences manifestées par Joseph Kabila quant au respect de la constitution et de l’Accord de la Saint-Sylvestre de décembre 2016 lui interdisant de briguer un troisième mandat, la défiance de ce dernier face aux exigences démocratiques occidentales et la faiblesse de l’opposition congolaise incapable à première vue de bousculer l’actuel chef d’État congolais, amènent à évoquer la possibilité d’un deal sur le dos des Congolais. La CPI aurait-elle été utilisée par des pays occidentaux sentant leurs intérêts menacés pour remettre en selle un Bemba, populaire, réputé audacieux, candidat malheureux à la présidence congolaise, et foudre de guerre, dont la capacité de nuisance n’est plus à démontrer  ?

Cette posture était attendue. La RDC est un pays étendu qui fait 80 fois la Belgique et 4 fois la France, avec un sous-sol très riche (6 % des réserves tropicales mondiales) et favorablement situé au plan géostratégique. Au plan symbolique le pays rassemble le plus grand nombre de francophones à l’échelle mondiale.

Les récentes sorties du président Kabila teintées de menaces à peine voilées de rupture avec les pays occidentaux et d’ouverture en direction de pays comme la Russie, constituaient une défiance insupportable pour l’Occident. Le projet d’accord de coopération militaire et technique avec la Russie qui dormait dans les tiroirs depuis près de 20 ans, a été adopté. De son côté, la France en tentant par tous les moyens de normaliser ses relations avec le Rwanda cherche-t-elle à organiser un front Rwanda-Angola susceptible de chasser Kabila du pouvoir ?

La nouvelle stratégie occidentale présente plusieurs risques.

Premièrement, elle comporte, avec l’entrée en lice de Bemba, les germes d’une instabilité chronique avec des risques de conflits armés et d’embrasement d’une Afrique Centrale en proie à de sérieuses difficultés économiques liées à un niveau insatisfaisant des cours du pétrole. Elle rappelle à cet effet le scénario ivoirien avec Alassane Ouattara poussé à la résistance dans le mythique Hôtel du Golfe.

Deuxièmement, il n’est pas exclu qu’à l’instar de Laurent Gbagbo, Kabila soit déféré à la CPI pour des poux qu’on ne manquera pas de trouver sur sa tête rasée, exacerbant ainsi le sentiment de millions d’Africains convaincus que la CPI est un « machin » qui fait du « deux poids deux mesures » avec comme seul objectif de défendre les intérêts des puissances étrangères.

En désignant un dauphin constitutionnel, Kabila, conscient des rapports de force qui lui sont défavorables, vise à calmer le jeu sans conviction. Au mieux, sa stratégie pourrait s’inscrire dans la jurisprudence PMP (Poutine - Medvedev - Poutine) ouvrant les portes d’une alternance bicéphale à la tête du Congo. Au pire, il rechercherait à gagner du temps, avec la perspective de reporter les élections par le truchement de mécanismes institutionnels.

Réformer pour équilibrer les pouvoirs

Cet épisode en RDC devrait amener la communauté internationale à réfléchir à des mécanismes en mesure de garantir la paix au niveau mondial. Les rapports de l’Afrique avec l’Occident devraient être passés au crible. Cela passe par une réforme en profondeur des institutions au niveau des pays africains notamment francophones afin de mieux équilibrer l’institution présidentielle, clef de voûte, doté de trop de pouvoir. Avec cet équilibre des pouvoirs, Kabila et tous ceux avant lui, n’auraient pas ramé à contre-courant de la Constitution. Il est tout aussi important d’améliorer la gouvernance mondiale par de nouvelles règles de représentation au Conseil de Sécurité des Nations unies pour éviter les frustrations chez les dirigeants africains.

La question liée à la complicité de certaines organisations internationales sur des questions comme l’endettement des pays africains devrait être également mise sur la table. Comment en effet comprendre que des États qui ont tout à faire en matière de relance économique, arrivent facilement à utiliser les ressources issues de l’endettement extérieur pour financer des investissements ludiques faiblement productifs. La question liée à l’évocation du caractère souverain des États comme prétexte pour empêcher le contrôle de l’utilisation des fonds doit être revisitée.

Faire face

Enfin, l’Union africaine devrait ouvrir un débat sur l’opportunité du maintien de ses membres au niveau de la CPI. Elle doit aussi réfléchir sur la stratégie à développer face à deux mastodontes du continent à savoir le Nigeria en Afrique de l’Ouest et la RDC en Afrique Centrale qui pourraient constituer des locomotives mais que l’ordre mondial n’a jamais laissé tranquilles pour penser leurs problèmes et jouer leurs rôles structurant dans le développement économique et l’intégration de l’Afrique.


La Croix / MCP, via mediacongo.net
C’est vous qui le dites : 8 commentaires
8842 suivent la conversation

Faites connaissance avec votre « Code MediaCongo »

Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.

Envie de réagir ou de participer ?

Pas de compte ? Pas de problème ! Vous pouvez quand même réagir à un commentaire en cliquant sur un émoji. Pour aller plus loin — commenter, répondre ou contacter un autre utilisateur — connectez-vous à votre compte MediaCongo.

Merci et excellente expérience sur mediacongo.net, première plateforme congolaise.

MediaCongo – Support Utilisateurs


Il y a 2790 jours
Des donneurs des leçons totalement en pannes, des présidents à morale corrompue mais qui colonisent l'Afrique Au lieu même de faire en sorte que les populations de pays africains vivent dans des bonnes conditions, mais non, eux c'est seulement les minerais qui les intéressent Moise K aurait mieux fait de siffler les penaltys contre ces pays colonisateurs.

Réagir

Répondre
Il y a 2791 jours
sans machine à voler, shadari va obtenir 1%

Réagir

Répondre
Il y a 2792 jours
En Regardant Les 3 Tetes, Celle Que Est Au Centre Montre La Mediocrité, Meme Un Chacal N, A Pas L, Image Pareil, Les Congolais Sont Obligé De Faire Attention Aux Loups

Réagir

Répondre
Il y a 2792 jours
L'hypothèse Putin _medvev n'est pas possible. Plutot Rawlings du Ghana, qui était rappelé en service, vu l'incapacité des politiciens d'alors. Hypothèse Kabila à la CPI n'est pas soutenable vu le travail fait sur la voie de la normalisation du pays et la démocratisation. les USA depuis l'exemple vecu en la Somalie et Libye n'aime pas trop l'Afrique. Je ne pense pas que le Rwanda en plein développement peut s'engager dans une guerre,meme le régime de Kagame risquerait et l'Angola non. Un article disons inutile, des hypothèse de non sens.

Réagir

Répondre
(suite et fin)Ce cocktail nauséabond finit par imposer par la force non pas de la loi mais de la dérive des institutions (non respect des textes organiques)un President hors mandat et illégitime.

Réagir

Répondre
Le seul hic dans cette analyse c'est qu'en réalité,en RDC,si l'on se réfère aux dispositions constitutionnelles, le président n'a pas autant de pouvoirs que ça(chef de l'armée clef de voûte du système??) Ce sont les différentes réformes qui vont renforcer ce pouvoir(p ex pouvoir sur les gouverneurs, assemblée provinciale),la tutelle du premier ministre(et son gouvernement) qui normalement est seul responsable de la politique à mener,un Parlement qui ne joue pas son rôle de contrôle (assemblée)et des interprétations "biaisées" de la Loi par une magistrature peu indépendante Ce cocktail nauséabond finit par imposer par la force non pas de la loi mais de la dérive des institutions (non respect des textes)un président hors mandat et illégitime.

Réagir

Répondre
Il y a 2792 jours
UN BEL ARTICLE ,REFLEXION DE HAUTE FACTURE LE PMP NE SERA PAS D'APPLICATION EN RDC .LE PEUPLE CONGOLAIS NE VEUT PAS DE LA VASSALISATION DU POUVOIR AU SOMMET DE L'ETAT QU'ON NOUS LAISSE CHOISIR LIBREMENT ET DE MANIERE TRANSPARENTE LE NOUVEAU PRESIDENT PAS DE MACHINE A VOTER

Réagir

Répondre
right
Article suivant Réforme électorale : les confessions religieuses rejettent le rôle de l’Assemblée nationale dans la désignation du président de la CENI
left
Article précédent Rodrigue Ramazani sur les jeeps offertes par Félix Tshisekedi aux Léopards : « Faire le généreux avec l’argent du contribuable n’est pas un exploit, c’est une faute »

Les plus commentés

Politique Moni Della contredit Kabila

10.04.2026, 8 commentaires

Politique « Le vrai blocage, c’est la peur du peuple » : le Front anti-dialogue répond à Olenghankoy

13.04.2026, 7 commentaires

Politique « Pays à l’arrêt », Olenghankoy accuse les anti-dialogue de blocage

10.04.2026, 5 commentaires

Politique Négociations entre Kinshasa et le M23-AFC : « Vous devez savoir qu’à partir de la semaine prochaine, le processus de paix de Doha va continuer en Suisse » (Patrick Munyomo)

11.04.2026, 5 commentaires

Ont commenté cet article



Ils nous font confiance

Infos congo - Actualités Congo - confiance