
Provinces
La Brigade douanière de la Direction générale des douanes et accises (DGDA) au Nord-Kivu a intercepté, à la grande barrière de Goma le 13 août 2020, un total de 1 200 kg de Coltan dissimulés dans un camion-citerne en partance pour le Rwanda.
Cette contrebande minière a été détectée grâce au scanner installé à ce poste frontalier alors que le camion citerne n’avait aucune goutte de carburant. Cependant, ces colis titraient 6,14% de Niobium (NB), 32,6% de Tantal (Ta) sur un poids total de 1 200 kg.
Ce cas de fraude, qui vient de s’ajouter sur celui de pneus bourrés de minerais, illustre bien la situation de contrôle aux frontières de la RDC.
La question que d’aucuns se posent, c’est de savoir depuis combien de temps ces opérateurs économiques véreux se sont soustraits, par le passé, de la vigilance des services aux frontières. Une question qui fâche dès lors que ces types de fraude entraînent un manque à gagner colossal au trésor public.
Aux grands maux, grands remèdes
Pour lutter contre la fraude, la Direction générale des douanes et accises (DGDA) a adopté une politique qui consiste à s’appuyer sur des moyens d’action modernes et opérationnels. Elle a mis alors en place des mesures dont le Système de surveillance électronique, des scanners et le suivi électronique des cargaisons en transit.
Pour des raisons de traçabilité, une vignette doit être marquée sur tout article en caoutchouc synthétique importé en RDC. L’objectif pour la DGDA est d’avoir la maitrise du volume des importations et de juguler la fraude.
Mais cela passe par les stratégies que la DGDA met en place notamment l’assainissement de tous les postes frontaliers pour la construction des infrastructures susceptibles d’assurer la prise en charge correcte des marchandises ; le renforcement du contrôle a posteriori et de régularité des opérations de dédouanement ; le contrôle de la destination et de la mise en œuvre des marchandises exonérées.
L’informatisation de tous les postes frontaliers ; la gestion des frontières et des postes frontaliers et le suivi électronique des cargaisons des marchandises en transit s’ajoutent à la batterie de mesures préconisées par la douane congolaise.
Le directeur général ai, Nkongolo Kabila, a encouragé l’attitude des douaniers en signifiant que la DGDA ne cessera de faire de la lutte contre la fraude et les anti-valeurs sont cheval de bataille.
Fraude et contrebande érigées en système
L’exportation du café et du cacao congolais est plombée par la fraude. Sur 38 000 tonnes du café produits en 2016, seules 9 000 tonnes ont été exportées officiellement. Et sur 4 500 tonnes de cacao produites sur la même période, seules 1 400 tonnes sont sorties de la RDC par des voies légales.
Si les congolais sont des grands consommateurs de ces produits « importés », la question est celle de savoir : où va toutes ces quantités ?
En effet, la fraude accentuée par la porosité des frontières congolaises profite aux pays voisins de la RDC qui prennent la production congolaise et la labellise aux noms de leurs pays respectifs avant d’être exportée ailleurs. Cette situation occasionne un manque à gagner énorme pour les filières et l’Etat congolais.
Le président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), Albert Yuma, trouvait des explications à la fraude dans les tracasseries administratives.
« Il est évident que les prélèvements des frais et taxes illégaux sur les exportations dans les provinces frontalières notamment au Kivu et en Ituri, rendent moins compétitifs les exportateurs au niveau d’achat auprès des planteurs par rapport à ceux des pays voisins dont les frais à l’exportation de café ne dépassent pas 1% FOB et ayant des infrastructures qui leur facilitent l’exploitation. Les énormes disparités à ces points favorisent la contrebande massive de café et cacao de la RDC. En plus les exportations officielles souffrent des frais très élevées par rapport au pays voisins dans les domaines de transport, banque et assurance », disait-il lors du Forum Expo Café-Cacao édition 2018 tenue à Kinshasa.
Le coup de filet des services aux frontières au Kivu est un pas dans la direction.
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