
Economie
L'exubérance des marchés rappelle les excès de la bulle Internet. Les valorisations sont extrêmement élevées, en particulier dans le secteur technologique. Mais, à la différence du début des années 2000, les taux d'intérêt sont au plancher et devraient le rester un moment. Quant aux géants de la tech, ils ont une assise nettement plus solide qu'il y a vingt ans.
Il flotte comme un air de fête sur les marchés en cette fin d'année. Les actions mondiales volent de record en record. Les valorisations du S & P 500 sont à leur plus haut historique, hors bulle Internet. Point d'orgue, la mise en orbite du cours de Tesla, en hausse de plus de 600 % cette année, vient d'être couronnée par son intégration dans l'indice phare de Wall Street .
L'euphorie des marchés a de quoi surprendre, alors que 2020 devrait faire date du fait de la pire récession de ces dernières décennies. Les dégâts économiques causés par la pandémie pèseront encore longtemps sur l'activité, en Europe comme aux Etats-Unis. Dans ce contexte, l'envolée du Nasdaq 100 de près de 45 % cette année, neuf fois plus importante que la progression de l'indice Dow Jones, doit-elle faire craindre l'émergence d'une bulle Internet 2.0 ?
Introductions en Bourse de sociétés non rentables
La frénésie qui s'est saisie du marché des introductions en Bourse à Wall Street a de quoi inquiéter. Les bonds enregistrés par les sociétés lors de leur premier jour de cotation ont été en moyenne trois fois plus importants qu'au cours des quarante dernières années, selon les données compilées par le professeur Jay Ritter de l'université de Floride. Quatre sociétés sur cinq qui se sont cotées en Bourse cette année à Wall Street n'étaient pas rentables au cours des douze mois passés, proche du record de 2000 et 2018.
Les exemples se comptent à la pelle, dans le secteur technologique (Snowflake, C3.ai, Lemonade) ou encore dans la mobilité électrique (Nio, Li Auto, XPeng). Sans que cela ne nuise à leur popularité. Les constructeurs chinois de véhicules électriques notamment ont profité de l'engouement des investisseurs pour le secteur en se cotant à Wall Street à des valorisations vertigineuses . « Il y a une partie du marché qui évolue aux mêmes niveaux qu'en 2000 », s'inquiète Jacques-Aurélien Marcireau d'Edmond de Rothschild AM. « 2021 sera l'année du tri, il pourrait y avoir de la casse. »
L'enthousiasme des boursicoteurs
Des effets de mode qui ne sont pas sans rappeler la fièvre de la fin des années 1990 et du début des années 2000 autour des IPO des valeurs Internet. Autre point commun : l'enthousiasme des particuliers. Tirant profit d'applications de courtage en ligne comme Robinhood, les Américains se sont remis à négocier directement des actions à un rythme effréné. « Ils ont concentré leurs achats sur quelques IPO ou des valeurs symboliques comme Tesla, Zoom… », souligne Christian Parisot d'Aurel BGC. Pour lui, « ces flux des particuliers expliquent une grande partie des excès de Wall Street ».
Un environnement de taux porteur
Le contexte, lui, est radicalement différent. Cette fois, les Banques centrales sont au chevet des marchés. En 1999-2000, les cours s'étaient envolés alors même que la Fed remontait ses taux. Le resserrement des conditions de financement avait contribué à l'éclatement de la bulle. A l'inverse, la chute des taux d'intérêt de long terme est un facteur de soutien pour les valorisations des actions actuellement. L'environnement de croissance et d'inflation atones au sein des pays développés pousse les investisseurs à payer bien plus pour des entreprises qui présentent un potentiel de croissance forte et rapide : ce qui est rare est cher.
La « Big Tech » domine les marchés et l'économie
Par ailleurs, les géants du secteur ne sont plus des tigres de papier : leur profitabilité élevée leur permet d'accumuler des montagnes de cash. La capitalisation d'Apple a de quoi donner le tournis : à plus de 2.000 milliards de dollars, elle est équivalente à celle de l'ensemble du CAC 40. Mais le groupe à la pomme détient près de 200 milliards de liquidités et génère plus de 50 milliards de profits par an. Sa valorisation est élevée, mais n'est pas déconnectée de sa réalité économique .
Apple, Microsoft, Amazon, Google et Facebook ont progressé trois à cinq fois plus vite que le S & P 500 au cours de la décennie passée. Ces groupes représentent plus de 20 % de l'indice. Ils expliquent à eux seuls une bonne part du différentiel de performance entre les marchés européens et américains.
La menace réglementaire
Cette dépendance du marché à une poignée d'entreprises le rend toutefois vulnérable à un accès de faiblesse du secteur. De ce point de vue, la menace la plus directe semble venir de la volonté des Etats de reprendre la main. A Bruxelles, la Commission européenne a décidé de se montrer plus sévère . Le contexte politique n'est pas forcément plus simple outre-Atlantique. Avec l'arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche, la réglementation antitrust pourrait bien être renforcée.
Dans tous les cas, la « Big tech » devrait continuer à donner le « la » des Bourses mondiales. « Les mastodontes de la tech sont devenus le marché : la manière dont ils évolueront dictera la dynamique générale », souligne David Older de Carmignac. Le secteur devrait une nouvelle fois tirer la performance des Bourses l'année prochaine, estime-t-il : même durant la rotation sectorielle de novembre, qui a vu la « vieille économie » rebondir fortement, la tech s'est bien comportée. Le Nasdaq a d'ailleurs établi un nouveau record cette semaine au-delà de 12.800 points.
Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.
Les plus commentés
Politique « Le vrai blocage, c’est la peur du peuple » : le Front anti-dialogue répond à Olenghankoy
13.04.2026, 7 commentairesPolitique Négociations Kinshasa–AFC/M23 en Suisse : l’ombre de Joseph Kabila alimente les incertitudes
13.04.2026, 5 commentairesPolitique Processus de paix en RDC : des figures politiques congolaises intègrent la délégation du M23 aux négociations en Suisse
13.04.2026, 4 commentairesSociété Embouteillage à Kinshasa : le gouvernement veut construire un viaduc de 3,5 km dans la baie de Ngaliema pour désengorger la Gombe
12.04.2026, 3 commentairesOnt commenté cet article
Ils nous font confiance