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Covid-19 : la BCE s’inquiète des conséquences du variant Delta

Covid-19 : la BCE s’inquiète des conséquences du variant Delta 2021-07-23
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La reprise économique pourrait être ralentie par le variant Delta, qui constitue une « source croissante d’incertitude », a estimé Christine Lagarde.

Alors que la « reprise de l’économie de la zone euro est en bonne voie », la pandémie de Covid-19 et « l’incertitude croissante » liée à la progression des infections au Covid-19 inquiète la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde. Cette situation conforte ainsi l’institution dans son choix de maintenir le cap d’une politique monétaire accommodante.

La pandémie « continue de jeter une ombre », car « le variant Delta constitue une source croissante d’incertitude » menaçant de freiner la reprise notamment « dans le tourisme et l’hôtellerie », a déclaré la Française devant la presse ce jeudi 22 juillet.

Les taux directeurs restent en particulier à leur plus bas niveau

Les vingt-cinq membres du conseil des gouverneurs de la BCE ont dans ce contexte maintenu l’arsenal monétaire en place, qui doit « préserver des conditions de financement favorables pour tous les secteurs de l’économie » durant la pandémie. Les taux directeurs restent en particulier à leur plus bas niveau, notamment celui, négatif, de - 0,5 % qui taxe les dépôts en excès des banques, lorsqu’ils ne sont pas distribués dans l’économie.

Ce qui a changé : la banque centrale pose désormais trois conditions à remplir avant de songer à resserrer la vis du crédit. Il faudra que la prévision d’inflation atteigne 2 % « bien avant la fin de son horizon de projection » qui s’étale sur deux à trois ans, et ce, « durablement pour le reste de l’horizon de projection », selon le communiqué de la BCE. En pratique, cela signifie que si la prévision d’inflation pour l’année suivante et celle d’après se situent dans les clous de son objectif, alors la BCE pourrait réagir.Léger repli du taux d’inflation annuel en zone euro
Troisième condition posée : l’inflation sous-jacente, c’est-à-dire hors prix volatils de l’énergie et des denrées alimentaires de base, devra aussi être prise en compte pour mesurer cette évolution. Autant de paramètres qui éloignent l’heure de mettre fin à la politique monétaire particulièrement accommodante de la BCE.

Le taux d’inflation annuel en zone euro s’est légèrement replié en juin, à 1,9 %, après avoir atteint en mai 2 %. Hors prix de l’énergie et des denrées alimentaires de base, l’agrégat ne s’est élevé qu’à 0,9 %, attestant de la faiblesse des pressions inflationnistes venant notamment des salaires.

« La BCE sert du vieux vin sous une nouvelle étiquette »
La BCE prévoit que l’inflation retombera à 1,4 % en 2023, bien loin de l’objectif. Le conseil des gouverneurs a ainsi étrenné le nouveau langage sur ses actions à venir – « forward guidance » en anglais – promis par la présidente Christine Lagarde lors de la présentation de la nouvelle stratégie de la BCE début juillet.

« La BCE sert du vieux vin sous une nouvelle étiquette », a commenté après la réunion Carsten Brzeski, économiste chez ING, traduisant ainsi la continuité observée par la banque centrale, malgré ce cadre d’action dépoussiéré.

Christine Lagarde a aussi dû s’employer à expliquer la nouvelle cible d’inflation, relevée à 2 % en se voulant plus simple et symétrique à lire : en pratique, la BCE ne réagira pas à des déviations au-dessus comme en dessous de l’objectif tant qu’elles restent modérées et temporaires.Le plan d’urgence « PEPP » va durer « au moins » jusqu’en mars 2022
Les gardiens de l’euro ont confirmé que le plan d’urgence « PEPP » déclenché en mars 2020 face à la pandémie de Covid-19 va conserver son enveloppe de 1 850 milliards d’euros pour des rachats de dette, afin de maintenir un coût du crédit abordable aux entreprises et ménages. Ce plan va durer « au moins » jusqu’en mars 2022, et « dans tous les cas » jusqu’à ce que le conseil des gouverneurs « juge que la crise du coronavirus est terminée ».

Après l’unanimité des membres du conseil en faveur de la nouvelle stratégie, des désaccords « marginaux » sur le « calibrage » des mesures de politique monétaire se sont manifestés autour de la table jeudi, a déclaré Christine Lagarde.


Le Point / MCP, via mediacongo.net
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