Politique
LSI AFRICA : Patrick Nkanga, vous êtes le rapporteur du bureau politique du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) de Joseph Kabila. Quel est votre regard sur l'assassinat de Monsieur Okende ?
Patrick NKANGA : C'est un regard empreint de tristesse et de profonde désolation. Au regard, des diverses informations publiques et des communiqués officiels du Parti dont il était membre, il est fait état qu’il aurait été enlevé au niveau de la Cour Constitutionnelle, lieu où chaque citoyen devrait se sentir en sécurité, avant qu’il soit retrouvé sans vie. La République perd un véritable démocrate qui n’avait pour seules armes ; sa parole et ses convictions. C’est fort regrettable. Nous espérons que la lumière sera faite sur cette affaire abjecte qui met en émoi toute la Nation et qui jette un discrédit sur l’Etat.
Est-ce le crime de trop en République démocratique du Congo ?
Chaque fois qu’un citoyen est arraché à l’affection de sa famille et de ses proches, c’est un crime de trop. La vie de chaque congolais est sacrée.
Avez-vous désormais peur pour votre vie, vous qui êtes de l'opposition politique congolaise ?
Les congolais ne se sentent pas en sécurité. Je suis un citoyen comme tout le monde, le sentiment est donc le même. Il y a une dégradation inquiétante de la situation sécuritaire, de l’Est à l’Ouest du Pays. L’État doit veiller à la sécurité des citoyens, de leurs biens ainsi qu’à protéger l’intégrité de notre territoire qui aujourd’hui est altérée.
Qu'attendez-vous de la justice congolaise sur ce dossier ?
Fort des pouvoirs qui leur sont conférés par la Constitution, qu’elle fasse son travail de manière Républicaine, afin qu’elle mette sur la place publique la VERITÉ. Les hommes et les femmes qui œuvrent au sein du Pouvoir Judiciaire doivent prendre conscience de leur rôle patriotique dans la solidification de notre démocratie, en s’extirpant des pesanteurs politiciennes.
La Commission électorale nationale indépendante refuse de revoir le fichier électoral. Votre réaction ?
Cette Commission électorale pour nous n’existe pas. Ses actions sont pour nous, non avenues. Nos griefs émis au sujet d’un processus électoral crédible et consensuel n’ont pas changé.
Partagez-vous l'avis de M. Martin Fayulu qui estime que « sur 44 millions d’électeurs, au moins 10 millions sont des noms fictifs » ?
Pour nous, le processus électoral est corrompu dès le départ. La fraude corrompt tout. Tous les actes découlant de cette composition de la CENI sont à nos yeux, viciés.
Votre camp est-il prêt à aller aux élections dans les conditions actuelles ?
Impossible ! À moins que nous ayons l’ambition de participer à ces élections qu’aux fins de vouloir légitimer l’inacceptable.
La RDC continue d'accuser ouvertement son voisin rwandais d'être responsable de la crise, en raison de son soutien aux rebelles du M23. Quelle est votre position sur la question ?
La RDC fait face à une situation sécuritaire préoccupante, particulièrement dans sa partie Est et principalement en Ituri, au Nord et Sud-Kivu, avec une certaine accentuation. Il faut appréhender globalement la situation sécuritaire pour y apporter une solution conséquente. S’agissant d’une partie du Nord-Kivu, on a en effet noté une résurgence des M23 soutenus par le Rwanda, ce qui du reste n’est pas une première dans notre histoire récente. La nécessité d’une approche triptyque est donc de mise : militaire, politique et diplomatique. Nous avons foi en ce que nos Forces Armées ont l’expérience nécessaire pour faire face à ces défis multiformes, l’ayant déjà vécus et vaincus par le passé. L’État doit faire pleinement faire confiance à nos structures sécuritaires et leur disponibiliser des moyens conséquents, dans la forme que requièrent le contexte et l’urgence.
Avez-vous des propositions pour une sortie de crise ? Êtes-vous pour un report de la présidentielle ?
Nous sommes soumis au respect de la Constitution. La Constitution veut que nous organisions des élections et non un plébiscite. Comme proposition ; Il est nécessaire que les divergences sur l’entendement du processus électoral laissent place à plus de consensus électoral et politique. Mais, chaque jour qui passe, nous avons comme l’impression que le choix a été fait pour des élections dépourvues même d’un seuil minimum de consensus, ce qui n’est pas une bonne chose pour la solidification de notre démocratie. Nous sommes devant une situation politique qui se crispe quotidiennement davantage.
L'ancien président Joseph Kabila devrait bientôt s'exprimer. Vous faites partie de ceux qui lui murmurent à l'oreille. Joseph Kabila va-t-il se présenter à la prochaine élection présidentielle ?
Votre appréhension à mon sujet est surévaluée. Je ne suis qu’un simple militant au sein de ma famille politique, à qui l’on a confié ponctuellement le rôle de Rapporteur du Bureau Politique. Le Président Joseph KABILA a fait part de sa volonté de s’exprimer, il le fera certainement au meilleur moment. S’agissant de sa candidature qui du reste, relève d’une question personnelle, elle n’a pas encore fait l’objet d’un échange au sein de nos structures politiques qui en ont l’habilitation. Car, ce qui nous importe à ce stade et ce qui a fait l’objet d’une décision politique ; c’est la nécessité d’avoir un processus électoral crédible et consensuel dans l’intérêt de notre démocratie et de notre Peuple.
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