
Société
Depuis plusieurs mois, la ville de Kinshasa est confrontée à une recrudescence inquiétante des enlèvements, parfois suivis de meurtres ou de libérations in extremis. Ces actes criminels se déroulent souvent en plein jour, notamment au centre-ville, sous couvert d’uniformes et de véhicules assimilés aux services de sécurité, semant la peur au sein de la population.
C’est sur le boulevard du 30 Juin, à hauteur du bâtiment de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), que Dupont Ntotila, âgé d’une trentaine d’années, a été enlevé le 26 janvier dernier. Abandonné plusieurs jours plus tard à Mbanza, un village situé dans la commune de Maluku, à la frontière avec la province de l’ex-Bandundu, il a accepté, encore hospitalisé, de livrer son témoignage à Média Congo Press.
« L’un d’eux portait l’uniforme de la police »
« J’étais à l’arrêt de la CNSS et j’ai pris un véhicule Noah sur le boulevard, en direction de la Gare centrale. À bord, il y avait déjà trois personnes : un policier assis à l’avant, le chauffeur et une dame à l’arrière. Deux jeunes filles sont montées avec moi », raconte-t-il.
Selon son récit, le trajet s’est déroulé normalement jusqu’à hauteur de l’avenue des Huileries. « Ils ont brusquement remonté les vitres, sorti des armes et nous ont menacés. Ils ont dit que toute personne qui crierait serait abattue. Ensuite, ils nous ont bandé les yeux et injecté un produit qu’ils appelaient un somnifère », explique-t-il.
Plusieurs jours de captivité
À son réveil, Dupont Ntotila se retrouve dans une grande parcelle, entouré de plusieurs personnes cagoulées. « Le mercredi, on m’a transféré dans une autre parcelle où se trouvaient d’autres personnes enlevées, toutes ligotées et les yeux bandés. Chaque jour, on nous injectait le même produit », poursuit-il.
Un événement inattendu
« Le jeudi, un homme est arrivé. Il parlait une langue que je ne comprenais pas. Ensuite, un autre est venu et s’est exprimé en kikongo. Quand j’ai compris qu’il parlait ma langue, j’ai commencé à pleurer. Il m’a demandé qui j’étais », témoigne-t-il, la voix chargée d’émotion.
Une libération inexpliquée
Le vendredi, il affirme avoir revu cet homme. « Il m’a dit de ne plus pleurer et qu’il allait me faire sortir. Le samedi, ils sont revenus avec d’autres personnes, ils nous ont tous emmenés. En chemin, ils m’ont jeté près de la frontière entre Kinshasa et l’ex-Bandundu. Jusqu’à aujourd’hui, je ne connais pas le sort des autres personnes enlevées », confie-t-il.
Affaibli et toujours hospitalisé
« J’ai très mal. Ce que j’ai vécu, c’était la mort pour moi », conclut-il.
Face à la multiplication de ces enlèvements, souvent attribués à des criminels opérant en uniforme de la Police nationale congolaise et à bord de véhicules de type Noah, plusieurs voix s’élèvent pour appeler les autorités à renforcer la sécurité, à identifier les réseaux impliqués et à mettre un terme à cette vague d’insécurité qui traumatise la population kinoise.
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Photo d'illustration, boulevard du 30 juin à Kinshasa/ Gombe