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Politique

2028, la CENI envisage déjà le glissement

2026-04-28
28.04.2026
2026-04-28
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Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Denis Kadima @Photo Droits tiers.

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) ne prend plus de gants. À travers son dernier rapport d’activités déposé à l’Assemblée nationale, son leadership dresse un constat qui sonne comme un sérieux avertissement. Dans les conditions actuelles, « organiser les élections en 2028 relèverait de l’exploit ». Derrière cette déclaration, c’est toute la mécanique électorale congolaise qui paraît grippée.

L’institution évoque un cumul de fragilités qui, mises bout à bout, rendent l’échéance électorale de plus en plus incertaine. Le financement, d’abord, reste largement en deçà des besoins, avec moins de la moitié des ressources attendues effectivement mobilisées. À cela s’ajoute un environnement sécuritaire dégradé, particulièrement dans l’est du pays, où l’instabilité compromet non seulement les opérations logistiques mais aussi la protection des infrastructures.

La situation s’est encore aggravée avec l’incendie survenu en novembre 2025 à Kinshasa, lequel a détruit une partie importante du matériel électoral. Des milliers d’équipements essentiels, dont près de 25 000 batteries destinées aux machines à voter, sont partis en fumée, laissant la CENI face à un déficit technique majeur difficile à combler dans l’immédiat.

Dans ce contexte, la centrale électorale en arrive à une conclusion sans détour : « la tenue des scrutins en décembre 2028 serait « quasiment impossible ». Une formule lourde de sens, qui dépasse le simple constat technique pour devenir un signal politique adressé aux autorités du pays.

 Une alerte sur fond de désorganisation structurelle 

Au-delà des urgences visibles, le rapport met en lumière des failles plus profondes dans l’organisation du processus électoral. L’absence d’une cartographie électorale finalisée bloque des étapes essentielles, notamment la planification des opérations d’enrôlement et de déploiement du matériel.

La CENI insiste également sur les effets persistants de l’insécurité, qui a touché plusieurs de ses installations à travers le pays. Dans certaines zones, les pillages et actes de vandalisme ont directement affecté sa capacité opérationnelle, accentuant le retard accumulé.

« L’établissement d’un état des lieux exhaustif du patrimoine a permis d’identifier avec précision les besoins en maintenance, en sécurisation ainsi qu’en renouvellement des infrastructures et des équipements afin de garantir la bonne tenue du prochain cycle électoral », souligne le rapport. Toutefois, les effets conjugués de l’insécurité dans certaines zones ayant affecté les installations et l’insuffisance des ressources financières continuent de peser sur la capacité opérationnelle de l’institution. Aux yeux des animateurs de la commission électorale, ces contraintes appellent à la mise en œuvre de mesures appropriées par le gouvernement de la République en vue de renforcer la résilience institutionnelle et de sécuriser durablement les actifs de la CENI.

Ce diagnostic met ainsi en évidence une réalité préoccupante : « sans une réaction rapide et coordonnée des pouvoirs publics, les obstacles actuels risquent de devenir structurels, compromettant durablement le calendrier électoral ».

 Des recommandations qui sonnent comme une mise en demeure 

Devant cette impasse, la CENI ne se contente pas de tirer la sonnette d’alarme. Elle formule une série de recommandations qui traduisent l’urgence de la situation. En priorité, elle appelle à garantir des décaissements réguliers afin d’assurer la continuité des opérations sur l’ensemble du territoire. La sécurisation du processus électoral figure également parmi les exigences majeures. L’institution plaide pour une meilleure coordination avec les services de sécurité et un renforcement des dispositifs de protection de ses installations et de son personnel.

En outre, elle plaide pour la modernisation de ses infrastructures comme aussi la réhabilitation de ses équipements, condition indispensable pour combler le retard accumulé. La mutualisation avec l’ONIP est également présentée par l’équipe Kadima comme un levier stratégique pour améliorer la fiabilité du fichier électoral.

Enfin, la CENI presse pour l’aboutissement des réformes légales en cours, estimant qu’elles sont essentielles pour garantir une gouvernance électorale plus stable, inclusive et conforme aux standards internationaux.

 Entre résilience affichée et incertitudes 

Malgré ce tableau sombre, la CENI met en avant les efforts déployés pour maintenir ses activités dans un contexte difficile. Elle revendique des avancées sur les plans administratif et organisationnel, preuve selon elle de sa capacité d’adaptation.

Le rapport établit que « les résultats enregistrés témoignent de la capacité de la CENI à poursuivre ses missions avec rigueur et professionnalisme, malgré un environnement contraignant ». Une manière de rappeler que l’institution continue de fonctionner, même sous pression.

Mais cette résilience ne suffit pas à dissiper les inquiétudes. En filigrane, c’est la question du respect du cycle électoral légal qui se pose désormais avec acuité. Sans mesures fortes, le risque d’un glissement du calendrier électoral devient de plus en plus réel. En définitive, la sortie de la CENI s’apparente à une mise en garde : « sans sursaut politique, sans mobilisation financière et sans garantie sécuritaire, l’échéance de 2028 pourrait bien devenir un rendez-vous manqué pour la démocratie congolaise ».

Landry Amisi
Ouragan / MCP , via mediacongo.net
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Il y a 33 jours
À ma connaissance, chaque quinquennat prévoit qu'une somme soit allouée chaque année pour organiser les élections. Mais apparemment, ce n’est pas ce qui s’est passé. Ils n’ont même pas pris la peine de mettre de côté un seul centime ! Résultat : aujourd’hui, il n’y a pas d’argent pour ces élections ! C’est ça, le Congo : un pays qui manque cruellement d’hommes compétents. Et maintenant, ils vont quémander de l’argent à la Banque Mondiale ou au FMI pour financer le tout. Mais comment font les autres pays, eux ?

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